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La phonologie parisienne à trente ans d'intervalle – Les voyelles à double timbre

Published online by Cambridge University Press:  24 November 2010

ANITA BERIT HANSEN*
Affiliation:
Université de Copenhague
CAROLINE JUILLARD*
Affiliation:
Université Paris Descartes
*
Adresses pour correspondance: Anita Berit Hansen, Université de Copenhague, Njalsgade 128, 2300 Copenhague S, Danemarkberit@hum.ku.dk
Caroline Juillard, Département de linguistique générale et appliquée, FSHS, Université Paris Descartes, 45 rue des Saints – Pères, 75006 Paris, France e-mail: caroline.juillard@wanadoo.fr
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En français parisien, on parle depuis quelques décennies déjà d'un changement affectant le système des voyelles dites ‘à double timbre’. Ces voyelles comptent quatre paires (/e/-/ɛ/ comme dans parlé-parlait, /ø/-/œ/ comme dans jeûne-jeune, /o/-/ɔ/ comme dans saute-sotte et /ɑ/-/a/ comme dans mâle-mal). La différence interne dans chaque paire peut s'exprimer comme une distance physique plus ou moins grande sur le lieu d'articulation, les autres traits restant constants (différence d'aperture pour les trois premières, différence en termes de postériorisation de la racine de la langue vers le pharynx pour la dernière), ce qui explique partiellement pourquoi elles sont souvent réunies dans les descriptions traditionnelles du français standard: elles consistent toutes d'une voyelle avec un timbre fermé et d'une voyelle avec un timbre ouvert. Elles partagent, en outre, certains principes de distribution allophonique dans les cas où elles ne forment pas de paires minimales (par exemple pour /Ø/, /O/: uniquement le timbre fermé en finale absolue). Depuis l'enquête de Martinet en 1941, qui avait la forme d'une auto-évaluation de la part de 250 informateurs adultes de Paris et de la France du Nord (questions du type: ‘Prononcez-vous de façon identique pâte et patte ?’, Martinet, 1945 [1971]), et les enquêtes successives à méthodologie semblable de Reichstein (1960) (sur 556 élèves, âgées de 13 à 15 ans) et de Deyhime (1967a, b) (sur 500 étudiants de la Cité Universitaire à Paris), nous avons des preuves que de moins en moins de Parisiens font la distinction entre les deux /A/. Martinet (1969) a fait la synthèse de ces trois enquêtes. D'autres études, se servant d'analyses phonétiques auditives, ont confirmé ceci et ont élargi l'observation: les /E/ sont également touchés. Dans leurs enquêtes parisiennes, Léon (1973), Peretz (1977a), Peretz-Juillard (1985) et Landick (1995) ont noté des timbres intermédiaires là où on s'attendrait à une distinction entre timbre fermé, /e/, et timbre ouvert, /ɛ/. Les deux dernières paires de voyelles sont probablement concernées aussi, mais à un moindre degré: selon le témoignage de Landick (1995), basé sur des données de la fin des années 1980, l'opposition des deux /Ø/ n'est stable que parmi les locuteurs ayant fait des études supérieures, et l'opposition des deux /O/ est entamée aussi, mais reste la plus forte des quatre.

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Copyright © Cambridge University Press 2010
Figure 0

Tableau 1. Système d’évaluation de la force et la fréquence des oppositions. (Corpus 1 (1972–1974), classe ‘1 + 2’)

Figure 1

Tableau 2. Force et fréquence des oppositions dans le Corpus 1 (1972–1974)

Figure 2

Diagramme 1.

Figure 3

Diagramme 2.

Figure 4

Tableau 3. Timbre et longueur vocalique

Figure 5

Tableau 4. /E/: vue d'ensemble, tous contextes confondus

Figure 6

Tableau 5. /E/: contextes syllabiques individuels

Figure 7

Tableau 6. /O/: vue d'ensemble, tous contextes confondus

Figure 8

Tableau 7. /O/: contextes syllabiques individuels

Figure 9

Tableau 8. /Ø/: vue d'ensemble, tous contextes confondus (graphies ‘eu’, ‘eû’, ‘œu’)

Figure 10

Tableau 9. /Ø/: contextes syllabiques individuels (graphies ‘eu’, ‘eû’, ‘œu’)

Figure 11

Tableau 10. Schwa: /Ø/ - ‘e’ en syllabe graphique ouverte, non-finale (type: Nevers, gendarmerie, crevettes, le)

Figure 12

Tableau 11. Schwa: /Ø/ - ‘e’ en syllabe graphique ouverte, non-finale

Figure 13

Tableau 12. /A/: vue d'ensemble, tous contextes confondusa

Figure 14

Tableau 13. /A/ avec ou sans accentuation, Corpus 1 (1972–1974)

Figure 15

Tableau 14. /A/ avec ou sans accentuation, Corpus 2 (2001–04)

Figure 16

Tableau 15. /A/ devant /r/ en syllabe accentuable fermée (foire, canards)

Figure 17

Tableau 16. La prononciation [ɑ] – où est-elle attestée dans les corpus? (total pour chaque type lexical entre crochets)

Figure 18

Tableau 17. Le bien-fondé respectif des trois hypothèses (nombre de contextes linguistiques où elles ont pu être confirmées par rapport au nombre de contextes qui ont connu une évolution significative selon le test statistique χ2)

Figure 19

Diagramme 3.

Figure 20

Diagramme 4.

Figure 21

Tableau 18. /A/ - en 1972–74. Les groupes I et II (classes 1 + 2 vs. 3 + 4)

Figure 22

Tableau 19. /A/ - en 1972–74. Les groupes I et II (classes 1 + 2 vs. 3 + 4), tableau réorganisé

Figure 23

Tableau 20. /A/ - en 2001–2004. Les groupes I et II (SUP. vs. TECH.)

Figure 24

Tableau 21. /A/ - en 2001–2004. Les groupes I et II (SUP. vs. TECH.), tableau réorganisé