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Travail non libre et rapports sociaux de sexe – À propos des programmes canadiens d’immigration temporaire

Published online by Cambridge University Press:  05 September 2018

Elsa Galerand
Affiliation:
Professeure, département de sociologie Université du Québec à Montréal, Montréal (Québec) galerand.elsa@uqam.ca
Martin Gallié
Affiliation:
Professeur, département des sciences juridiques Université du Québec à Montréal, Montréal (Québec)gallie.martin@uqam.ca
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Abstract

The analysis proposed here defends the necessity to operate a shift in the terms that seem to dominate, at present, the thinking on new forms of slavery or servitude, in order to fully integrate gender relations as production and exploitation social relationships. In this regard, based on two field studies performed with domestic and agricultural workers subjected to the Canadian immigration programs, we must try to see how the work relations amalgamated under the concepts of “modern slavery” and “unfree labour” give rise not only to a working class that is excluded from the canonical wage-earning class, but also and simultaneously to a racialized, intrinsically sexual workforce: “non-nationals” who are also male workers and female workers whose bodies are put to work, exploited and branded differently.

Résumé

L’analyse proposée ici défend la nécessité d’opérer un déplacement vis-à-vis des termes qui semblent dominer pour l’heure la réflexion sur les nouvelles formes d’esclavage ou de servitude pour y intégrer pleinement les rapports sociaux de sexe en tant que rapports sociaux de production et d’exploitation. Dans cette perspective, à partir de deux études sur le terrain réalisées auprès des travailleuses domestiques et des travailleurs agricoles soumis aux programmes canadiens d’immigration, il s’agit de chercher à voir comment les rapports de travail qui sont rassemblés sous les concepts « d’esclavage moderne » et de « travail non libre » produisent non seulement une classe de travailleurs exclue du salariat canonique, mais aussi et simultanément une main-d’œuvre racisée, intrinsèquement sexuée : des « non-ressortissants » qui sont aussi des hommes et des femmes dont les corps sont différemment mis au travail, exploités et marqués.