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Un ancien régime typographique: Culture manuscrite, société graphique et ponctuation turque ottomane

Published online by Cambridge University Press:  11 August 2021

Olivier Bouquet*
Affiliation:
Université de Paris, CESSMA olivier.bouquet@gmail.com

Un ancien régime typographique: culture manuscrite, société graphique et ponctuation turque ottomane

La présente étude substitue une analyse technique et graphique des opérations typographiques à l’approche politique et culturelle qui met habituellement l’accent sur les obstacles opposés à l’apparition de l’imprimerie dans l’Empire ottoman. Au-delà d’une démarche historiographique centrée sur les échecs de la modernisation culturelle, un examen combiné des caractères typographiques et des signes de ponctuation invite à proposer une histoire conjuguée de l’imprimé et du manuscrit. Celle-ci, tournée vers l’étude des vitalités textuelles, met au jour des convergences entre les productions calligraphiques, les expérimentations de la typographie et les progrès de la lithographie. Elle relie le travail du typographe aux actions de la main, les activités de l’éditeur aux productions de l’auteur, l’impression des matrices aux inscriptions de la plume. La ponctuation est un terreau d’innovation qui propose, au fil de ses modalisations, de nouvelles insertions, créations et hybridations contribuant au développement de la société graphique ottomane : les gens de l’écrit (scribes, copistes, lettrés, mais aussi éditeurs, typographes et imprimeurs) produisent des textes en fonction d’une culture manuscrite, de contraintes techniques et des caractères propres à la langue turque ottomane. Dès lors, une approche technique de l’ensemble des formes de production écrite permet d’ouvrir un nouveau chantier : celui d’une histoire croisée de la langue et des textes.

A typographical ancien régime: manuscript culture, graphic society, and ottoman turkish punctuation

A Typographical Ancien Régime: Manuscript Culture, Graphic Society, and Ottoman Turkish Punctuation

In contrast to political and cultural perspectives that focus on the limitations and obstacles surrounding the emergence of printing in the Ottoman Empire, this article proposes a technical and graphic analysis of typographical operations. Moving beyond a historiographical approach centered on the failures of cultural modernization, the comparative study of typographical characters and punctuation marks paves the way for a combined history of print and manuscript. Focusing on textual vitalities reveals deep convergences between calligraphic productions, typographical experiments, and the advent of lithography. It also relates the work of the typographer to the actions of the hand, the activities of the publisher to the author’s production, and the printing of the dies to the strokes of the pen. Punctuation is a field of innovation that, in its evolving modalities, proposed new insertions, creations, and hybridizations that contributed to the development of Ottoman graphic society: scribes, copyists, and scholars, but also publishers, typographers, and printers produced texts according to a manuscript culture, technical constraints, and characters specific to the Ottoman Turkish language. A technical approach to all forms of written production thus opens up a new domain of study: a histoire croisée of language and texts.

Information

Type
Mondes ottomans et turcs
Copyright
© Éditions de l’EHESS
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Figure 1 Grammaire turque de Jean-Baptiste Holderman et Ibrahim EffendiSource : gallica.bnf.fr/BNF, département Réserve des livres rares, RES P-X-468.

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Figure 2 Casse de turc en caractères arabes dans les années 1920Source : Tarih IV. Türkiye Cumhuriyeti, vol. 4, Istanbul, Devlet Matbaası, 1934.

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Figure 3 Les problèmes de liaison des caractères arabes expliqués par Joseph de GuignesSource : Joseph de Guignes, Principes de composition typographique. Pour diriger un compositeur dans l’usage des caractères orientaux de l’Imprimerie royale, Paris, s. n., 1790, p. 5.

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Figure 4 Un exemple d’allongement du kef : « oldur ki » (cadre du haut) ; « kendi » (cadre du bas)Source : Hüseyn Rıfkı Tamani, Usul-ı Hendese-i Turkî, s. d., p. 115 [Paris, BNF, V-20504].

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Figure 5 La ponctuation dans la traduction du traité de VaubanSource : Sébastien Le Prestre de Vauban, Fenn-i Lağım. L’art des mines, trad. par K. Ipsilanti, Istanbul, Dar üt-tıbaat ül-amire, 1208 H./1794-1795.

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Figure 6 Point simple et point d’interrogation dans une édition de Devr-i I˙stila de Namık KemalSource : Namık Kemal, Devr-i İstila, Istanbul, 1288 H./1871-1872, p. 11.

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Figure 7 Ponctuation et espacement dans la revueMalumatSource : Malumat, 5-105, 1897, p. 1099.

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Figure 8 Juxtaposition bi-alphabétique dans une traduction de Cornélius NeposSource : Cornélius Nepos, Meşhur Kumandanların Terceme-i Ahvali, Istanbul, Matbaa-ı Ebüzziya, 1304 H./1888-1887, p. 3.

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Figure 9 Exemple de coupure de ligne en caractères latinsSource : Ali Fuad, Rical-ı Mühimme, Istanbul, Yeni Matbaa, 1928, p. 20.

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Figure 10 Coupures de ligne en caractères arabes dans un texte en caractères latinsSource : Théotiste Lefèvre, Guide pratique du compositeur d’imprimerie, Paris, F. Didot, 1883, p. 297-298.