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L’acquisition des voyelles nasales en français : une étude acoustique et perceptive sur la prononciation des apprenants néerlandophones belges

Published online by Cambridge University Press:  25 June 2026

Hanna De Haes*
Affiliation:
Universiteit Gent, Belgium
Peter Lauwers
Affiliation:
Universiteit Gent, Belgium
Ellen Simon
Affiliation:
Universiteit Gent, Belgium
*
Corresponding author: Hanna De Haes; Email: hanna.dehaes@ugent.be
Rights & Permissions [Opens in a new window]

Résumé

Cette contribution examine la production des voyelles nasales du français chez les apprenants néerlandophones belges. Elle innove en ce qu’elle allie l'« intelligibilité » des voyelles non natives, évaluée par des auditeurs représentant Paris et Liège, à une analyse acoustique centrée sur la « nativité phonétique ». Les stimuli sont des mots monosyllabiques de haute fréquence produits par 20 apprenants néerlandophones. Les résultats indiquent que l’intelligibilité des nasales non natives est plutôt élevée, exception faite de /ɑ̃/. En outre, les deux groupes d’auditeurs ne diffèrent pas dans leur compréhension des voyelles, à l’exception de /ε̃/, que les Liégeois identifient plus souvent. Cette différence peut être liée à l’impact de (i) la variation en L1 ou (ii) la familiarité des auditeurs belges avec la parole néerlandaise. Enfin, l’étude montre que ce n’est pas tant la nasalité même qui pose des difficultés de production aux apprenants néerlandophones, mais l’interaction avec le timbre vocalique.

Abstract

Abstract

This article examines the production of French nasal vowels by Belgian Dutch learners. It is innovative in that it combines the analysis of ‘intelligibility’ of non-native accented vowels, assessed by listeners representing Paris and Liège, with an acoustic analysis focusing on ‘phonetic nativeness’. The stimuli were high-frequency monosyllabic words produced by 20 Belgian Dutch learners. The results indicate that the intelligibility of non-native accented nasals is rather high, except for the /ɑ̃/-vowel. Furthermore, the two listener groups do not differ in their actual understanding of vowels, except for the /ε̃/-vowel, which is identified more often by listeners representing the Liège region. This difference may be related to the impact of (i) L1 variation or (ii) Belgian listeners’ familiarity with Dutch-accented speech on speech perception. Finally, the study shows that it is not so much nasality itself that poses production difficulties for Dutch-speaking learners, but the interaction with vowel quality.

Information

Type
Article
Copyright
© Canadian Linguistic Association/Association canadienne de linguistique 2026.
Figure 0

Tableau 1. Stimuli de la tâche de productionTableau 1 long description.

Figure 1

Figure 1. Présentation visuelle de la tâche de catégorisation.

Figure 2

Figure 2. Les deux premiers formants (normalisés) d’occurrences des voyelles françaises /ε/, /ε̃/, /a/, /ɑ̃/, /o/, /ɔ̃/ chez 12 locuteurs natifs du français hexagonal (Carignan 2014, volet A) et 20 apprenants néerlandophones du français (volet B).Figure 2 long description.

Figure 3

Figure 3. Superposition des deux premiers formants (normalisés) d’occurrences des voyelles /ε/, /ε̃/, /a/, /ɑ̃/, /o/, /ɔ̃/ de 12 locuteurs natifs du français hexagonal (Carignan 2014, noir) et de 20 apprenants néerlandophones du français (rouge).Figure 3 long description.

Figure 4

Tableau 2. Appariements des réalisations des apprenants néerlandophones à des catégories vocaliques du français (en %) et scores de qualité de catégorie attribués à ces réalisationsTableau 2 long description.

Figure 5

Tableau 3. Association entre l’intelligibilité d’une voyelle française réalisée par un apprenant néerlandophone et la région d’origine de l’auditeur francophoneTableau 2 long description.

Figure 6

Figure 4. Plot pour l’effet d’interaction entre Voyelle et Région d’origine de l’auditeur. L’axe des y représente la probabilité prédite pour l’intelligibilité de la voyelle.

Figure 7

Figure 5. Graphique de l’intercept aléatoire associé aux 20 apprenants néerlandophones (et leurs niveaux autodéclarés).Figure 5 long description.

Figure 8

Figure 6. Corrélation entre les scores d’identification de la voyelle nasale /ɑ̃/ et les formants 1 et 2 (normalisés) d’occurrences de la voyelle nasale /ɑ̃/ chez 20 apprenants néerlandophones (rouge) et 12 locuteurs natifs (turquoise).