With the current issue the European Journal of Sociology has reached its fiftieth year of publication. This is a good time for retrospective reflections and for sharing with our readers and authors several guidelines that have helped to define the character of a journal that is independent of all institutions and official scholarly bodies. The journal’s title is owned exclusively by the editorial board of the time. After being abandoned by the publishers Plon in 1978, it has found in Cambridge University Press a welcoming and solicitous home; the CNRS has continued to fund the costs of its secretariat.
The editorial board is constituted by co-optation, is renewed slowly over time and almost all its members have served for long periods. Its two chief founders were Raymond Aron, who died in 1983, and Eric de Dampierre, who died in 1998. They were accompanied at the beginning by Tom Bottomore, Michel Crozier, Ralf Dahrendorf and Ernest Gellner. Steven Lukes joined them in 1972 and he is currently the most senior. Jean Baechler, who joined shortly afterwards, retired after more than 15 years, as did Jon Elster and Claus Offe, who joined in 1986 and 1988 respectively. Jacques Lautman, who was co-opted in 1983, succeeded Eric de Dampierre in the management of the journal in the periods between the bi-annual meetings of the editors. Since 1999 the board has been joined by Chris Hann, Hans Joas, Michel Forsé and Bénédicte Zimmermann. Jens Beckert has agreed to join us in 2011. The rule established by Aron is and remains that all the members of the board read all the articles that are submitted, though this does not rule out occasional consultation with outside experts.
Since 2001 we have published a third issue each year devoted exclusively to “critical studies”. These consist of a “State of the Art” article surveying a field in the social sciences, an appraisal of a “Key Concept” and book reviews which sometimes attain the length of review articles. We have been pleased to note the favorable reactions that the forthright positions expressed in these critical studies have evoked.
The list of contents of the last ten years, which can be found at the end of this issue, provides an idea of the central interests of the journal, dependent of course on the papers we have received. Political sociology in a very wide sense, including the mobilization of and relations between the economy and society, is foremost. The rubric of “Europeana”, which we introduced just after the fall of the Berlin Wall as a forum for studies of the transition, such as processes of “lustration”, has expanded and now reaches far beyond Eastern Europe.
Articles about the economy and money are more numerous than in previous decades – possibly indicating a tentative opening-up of the social sciences. The most apparent novelty is the quantity of articles concerning immigration, multi-citizenship, civil society and transnationalism. The links with current political and social issues are evidence of our fidelity to our founding mission to illuminate social debates through knowledge. The same goes for studies of violence and terrorism.
Historical sociology and social and cultural anthropology have been part of our profile from the beginning. The theme of the Axial Age, pioneered by Karl Jaspers and developed by Shmuel Eisenstadt and Robert Bellah, has stimulated research on studies of the multiple forms of modernity. These too have found their place in our journal. Studies in the history of the social sciences and scholarly studies of classical authors continue to arrive on our desk, sometimes in an embarrassment of riches. These can pose difficult choices, since we need to avoid excess. We continue to pursue issues in the philosophy of social science, notably debates about rationality and the theory of action. Methodological questions have not been absent from our pages, though the detailed discussion of technical applications has not been our favoured domain.
Finally, it should be clear that the European Journal of Sociology imposes no rigid requirements regarding the length and presentation of texts and no form of doctrinal dogma, other than rejection of a generalized relativism and a desire to contribute to the overcoming of national barriers in the social sciences. That is why, though for the most part written in English, this journal is neither Anglo-Saxon nor French nor German. It is an entity that is both fragile and difficult to classify, which depends, as our list of subscribed institutions shows, on its public – on its readers and authors, present and future, across the world.
La présente livraison consacre les cinquante ans échus des Archives européennes de sociologie. Bon moment pour avoir un regard rétrospectif et partager avec lecteurs et auteurs quelques constats qui peuvent contribuer à dessiner le devenir d’une revue indépendante de toute institution ou société savante, dont le titre appartient exclusivement aux membres du comité de rédaction en fonction et qui, après avoir été abandonnée en 1978 par la Librairie Plon a trouvé chez Cambridge University Press, accueil et sollicitude. À quoi il faut ajouter la prise en charge, capitale, du secrétariat de rédaction par le CNRS.
Le comité de rédaction constitué par cooptation s’est renouvelé lentement. Tous ses membres, à une exception près, ont accompli de longs mandats, interrompus seulement par la mort pour les deux principaux fondateurs Raymond Aron en 1983, Eric de Dampierre en 1998. Ils étaient entourés à l’origine de Tom Bottomore, Michel Crozier, Ralf Dahrendorf, Ernest Gellner. Steven Lukes entré en 1972 et toujours présent est aujourd’hui le plus ancien ; Jean Baechler entré peu après s’est retiré après plus de 15 ans, ce qui sera aussi le cas de Jon Elster et Claus Offe entrés en 1986 et 1988. Jacques Lautman coopté en 1984 assure dans la suite d’Eric de Dampierre la continuité entre les deux réunions annuelles du Comité. Depuis 2000 sont arrivés successivement Chris Hann, Hans Joas, Michel Forsé et Bénédicte Zimmermann. Enfin Jens Beckert a accepté de nous rejoindre en 2011. La règle voulue par Aron est et reste que tous les membres du comité lisent tous les articles à examiner, ce qui n’exclut pas le recours éventuel à experts extérieurs.
Depuis 2001 une troisième livraison annuelle est apparue consacrée exclusivement à des études critiques avec un E´tat de l’art dans un champ des sciences sociales, le point sur un concept important et des comptes rendus qui ont parfois la taille d’une note critique. Avec plaisir nous avons enregistré des réactions favorables aux prises de position fermes qu’on y rencontre.
L’indexation matières des dix dernières années que l’on trouve à la fin de ce numéro donne un aperçu sur les centres d’intérêt de la Revue, tels qu’ils se construisent à partir des textes reçus. Sociologie politique en un sens très large y compris la mobilisation et relations entre économie et société occupent les premiers rangs. En fait la rubrique Europeana que nous avions ouverte juste après la chute du Mur de Berlin pour accueillir des études à chaud de la transition et de l’épuration (lustration) en Europe de l’Est a largement débordé et bien au-delà de l’Europe.
Les articles touchant à l’économie et à la monnaie sont plus nombreux que dans les décennies précédentes, signe possible d’un timide décloisonnement des sciences sociales. La nouveauté la plus nette est la place prise par les thèmes de l’immigration, de la multicitoyenneté, de la société civile et du transnationalisme. Le lien avec des questions d’actualité politique et sociale est évident et il illustre la fidélité au propos fondateur d’éclairer avec du savoir les débats de société. Il en va de même pour action violente et terrorisme.
Sociologie historique, anthropologie sociale et culturelle font partie de notre champ depuis l’origine. Le thème de l’Âge axial qui, repris de Jaspers a été développé par Shmuel N. Eisenstadt et Robert Bellah a provoqué le développement de recherches sur multiples formes de modernité dont notre Revue a eu sa part. Les travaux d'histoire des sciences sociales et d’érudition portant sur les grands auteurs ont continué de nous parvenir et des choix, parfois difficiles ont été nécessaires pour éviter l’excès. Les grandes questions thématiques telles que la place de la rationalité en sciences sociales et la théorie de l’action sont également suivies d’assez près et les avancées méthodologiques ne sont pas absentes même si la technicité professionnelle n’est pas un de nos domaines favoris.
Enfin il apparaît bien que AES n’a pas plus de canon rigide pour la longueur et la présentation des textes que de dogmatisme doctrinal, autre que le refus du relativisme généralisé et le souci de contribuer au dépassement des barrières nationales en sciences sociales. C’est pourquoi, très majoritairement écrite en anglais, cette revue n’est pas plus une revue anglo-saxonne qu’allemande ou française. Objet difficile à classer et fragile qui dépend de son audience auprès de lecteurs et auteurs actuels et futurs du monde entier, ainsi que notre liste d’institutions abonnées le montre.
Mit diesem Heft vollendet das „Europäische Archiv für Soziologie“ das fünfzigste Jahr seines Erscheinens. Dies ist ein guter Zeitpunkt, um zurückzublicken und mit unseren Lesern und Autoren über die Leitlinien nachzudenken, die den Charakter einer Zeitschrift bestimmt haben, welche unabhängig von allen Institutionen und offiziellen akademischen Einrichtungen ist. Der Name der Zeitschrift ist ausschließliches Eigentum des jeweiligen Herausgeberkreises. Nachdem der Verlag Plon im Jahr 1978 die Zeitschrift aufgegeben hatte, fand sie bei Cambridge University Press eine aufgeschlossene und um ihr Wohlergehen eifrig besorgte neue Heimstatt. Das CNRS trägt dabei zur Finanzierung des Redaktionssekretariats bei.
Der Herausgeberkreis wird durch Kooptation gebildet und langsam erneuert; fast alle seine Mitglieder übten ihr Amt über längere Zeiträume aus. Die beiden wichtigsten Gründergestalten waren Raymond Aron, der 1983, und Eric de Dampierre, der 1998 starb. Am Anfang wurde ihre Arbeit von Tom Bottomore, Michel Crozier, Ralf Dahrendorf und Ernest Gellner begleitet. Steven Lukes stieß im Jahr 1972 dazu und ist gegenwärtig der am längsten dienende Herausgeber. Jean Baechler, der kurz nach ihm dazukam, zog sich nach mehr als 15 Jahren zurück, ebenso wie Jon Elster und Claus Offe, die 1986 bzw. 1988 Herausgeber wurden. Jacques Lautman wurde 1984 kooptiert und übernahm von Eric de Dampierre die Geschäftsführung der Zeitschrift für die Zeiträume zwischen den zweimal jährlich stattfindenden Herausgebertreffen. Seit 1999 wurden Chris Hann, Hans Joas, Michel Forsé und Bénédicte Zimmermann in den Herausgeberkreis aufgenommen. Jens Beckert hat zugesagt, ab 2011 mitzuarbeiten. Die von Aron aufgestellte Regel ist und bleibt, daß alle Herausgeber alle eingereichten Artikel lesen – was die gelegentliche Konsultation externer Experten nicht ausschließt.
Seit 2001 erscheint jedes Jahr ein drittes Heft, das ausschließlich „kritischen Studien“ gewidmet ist. Diese bestehen aus einem „State of the Art“-Artikel, in dem ein ganzes Gebiet der Sozialwissenschaften im Überblick dargestellt wird, und der Erörterung eines Schlüsselbegriffs sowie Buchbesprechungen, die manchmal die Länge von Artikeln annehmen. Die klaren Stellungnahmen in diesen kritischen Studien werden zu unserer Freude von vielen Lesern sehr günstig aufgenommen.
Das Inhaltsverzeichnis der letzten zehn Jahre am Ende dieser Ausgabe gibt einen Einblick in die zentralen Interessengebiete dieser Zeitschrift, die natürlich davon abhängig ist, welche Artikel bei uns eingereicht werden. Politische Soziologie in einem sehr weiten Sinn, einschließlich der Beziehungen zwischen Wirtschaft und Gesellschaft, steht an erster Stelle. Die Rubrik „Europeana“, die wir unmittelbar nach dem Fall der Berliner Mauer eingeführt haben, um ein Forum für Studien des Transformationsprozesses wie auch der Vergangenheitsbewältigung zur Verfügung zu stellen, hat sich ausgedehnt und umfaßt jetzt viel mehr als Osteuropa.
Artikel über Wirtschaft und Geld sind zahlreicher als in früheren Jahrzehnten – möglicherweise ein Anzeichen für eine vorsichtige Öffnung der Sozialwissenschaften. Die auffälligste neue Entwicklung liegt in der Vielzahl von Artikeln zu Einwanderung, mehrfacher Staatsbürgerschaft, Zivilgesellschaft und transnationalen Prozessen. Die enge Verknüpfung mit aktuellen politischen und gesellschaftlichen Fragen ist ein Beweis dafür, daß wir der Gründungsabsicht, zur Aufklärung gesellschaftlicher Debatten durch Wissen beizutragen, treu geblieben sind. Dasselbe gilt für Studien zu Gewalt und Terrorismus.
Historische Soziologie sowie Kultur- und Sozialanthropologie gehören auch von Anfang an zu unserem Profil. Das Thema der „Achsenzeit“, von Karl Jaspers pionierhaft erschlossen, von Shmuel Eisenstadt und Robert Bellah weiterentwickelt, hat Forschungen über die multiplen Formen der Moderne angeregt. Auch diese finden immer wieder Platz in unserer Zeitschrift. Studien zur Geschichte der Sozialwissenschaften und gelehrte Interpretationen klassischer Autoren kommen laufend bei uns an – manchmal sogar in übergroßer Zahl. Das kann zu schwierigen Entscheidungen führen, da wir ein Übermaß solcher Arbeiten vermeiden wollen. Unser Interesse gilt weiterhin Themen aus der Philosophie der Sozialwissenschaften, insbesondere Debatten über Rationalität und über Handlungstheorie. Methodologische Fragen fehlen nicht; allerdings ist die detaillierte Diskussion technischer Anwendungen seit jeher nicht unser Schwerpunkt.
Schließlich sollte klar sein, daß das „Europäische Archiv für Soziologie“ keine strikten Anforderungen hinsichtlich Länge und Darstellungsform der Artikel kennt – ebensowenig hinsichtlich einer dogmatisierten Lehre; wir weisen nur einen verallgemeinerten Relativismus zurück und bemühen uns, nationale Barrieren in den Sozialwissenschaften zu überwinden. Deshalb ist diese Zeitschrift, obwohl der größte Teil der Artikel in englischer Sprache erscheint, in ihrem Charakter weder angelsächsisch noch französisch noch deutsch. Unsere Zeitschrift ist ein durchaus zerbrechliches und schwer zu klassifizierendes Wesen, das abhängig ist, wie die Liste der abonnierenden Institutionen zeigt, von ihrem Publikum – von den Lesern und Autoren, gestern und heute, in der ganzen Welt.