1. Majoura: site et vestiges
Le site archéologique de Majoura (Nasr Reference Nasr2005, 380–472; brièvement mentionné dans Bonifay Reference Bonifay2004, 31 et fig. 14) (Figure 1) est situé à 70 km au nord-est de la ville de Gafsa, l'antique Capsa (Majoura est une imada [canton] relevant de la délégation [sous-préfecture] de Sened dans le Gouvernorat de Gafsa); il s’étend entre 9°16'–9°18' de longitude ouest et 34°36'–34°37' de latitude nord (carte de Tunisie 1/50 000, feuille n° LXI).
Majoura. Plan de situation (extrait de la Carte d’État-Major au 1/50 000, feuille n° LXI).
Ce site connu sous le nom de Henchir en-Nadour (Figure 1) a été signalé pour la première fois à la fin du XIXe siècle (Privé Reference Privé1895, 119–20; Toussaint Reference Toussaint1904, 137–38); il couvre environ 4,8 hectares qui s’étalent sur les deux rives de l'Oued en-Nadour (Figure 2). Ce site occupe une partie de la plaine qui s’étend entre le Djebel Majoura au nord et le Kroumet-el-Garaa au sud (Figure 3). Située presque à mi-chemin entre les villes de l'ouest et de l'est de la Byzacène, cette région était autrefois traversée par de nombreuses voies romaines dont les plus importantes sont celles qui partaient de Capsa vers Hadrumetum et de Capsa vers Taparura (Salama Reference Salama1951, 126; Carandini Reference Carandini1970, 100).
Majoura. Plan du site avec situation des dépotoirs (projet de plan I.N.P.).
Majoura. Vue générale de la plaine de Majoura avec en arrière plan le Djebel Majoura (vue prise du sud).
Les principaux vestiges de ce site signalés, il y a déjà un siècle, par les explorateurs français sont toujours identifiables, mais sûrement avec beaucoup plus de difficulté vu la dégradation de leur état général.
En effet, la rive gauche de l'Oued en-Nadour est dominée par une « citadelle » (thermes?) qui s’élève sur un mamelon d'environ 10 m de hauteur formé de débris de toutes espèces; on peut encore y identifier sur sa partie ouest les vestiges d'une chambre voûtée de 18 m de long et d'environ 5 m de large et 4,5 m de profondeur au-dessous de la clef (Figure 4); son mur ouest est conservé sur une hauteur de 4 m seulement (alors qu'au début du siècle passé la hauteur préservée était de 8 m (Toussaint Reference Toussaint1904, 137–38).
Majoura. Rive gauche de l'Oued en-Nadour: mamelon et partie des vestiges d'une citadelle (?) (vue prise du nord).
Plus bas, s'entremêlent des pierres de différentes tailles ainsi que des traces de murs d’édifices publics et d'habitats (mais malheureusement je n'ai pas pu repérer les restes de la chapelle chrétienne trilobée et du temple dont parlait P. Toussaint; j'espère que des futures fouilles pourront les mettre au jour). D'ailleurs, on peut aisément discerner les restes d'une huilerie (Figure 5).
Majoura. Vestiges d'une huilerie.
Sur la rive droite de l'Oued en-Nadour on rencontre un réservoir (Figure 6) de 42 m de diamètre et d'environ 4 m de profondeur, entouré d'une clôture en opus quadratum de 1,60 m de hauteur. Ce réservoir est relié à l'est à une conduite d'alimentation dont la partie préservée mesure 25 m de long et 2 m de large, et à l'ouest à six bassins de décantation de 3 m de long, de 1,70 de large et de 4 m de profondeur chacun (Figures 2 et 6).
Majoura. Vue générale du réservoir (vue prise du sud-est).
A environ une soixantaine de mètres au nord du réservoir s’élève un mausolée quadrangulaire de 3,80 m de côté et d'une hauteur conservée d'environ 3,5 m (P. Toussaint parle d'un mausolée de 7 m de côté et d'environ 4 m de hauteur alors que le Capitaine Privé estime ces dimensions de 8 à 10 m de côté et de 3,5 m de hauteur, reposant sur un podium – socle – haut d'un mètre), connu sous le nom de Ksar-Nadour (Figure 7). Deux autres mausolées moins bien conservés, avec un soubassement en pierres de taille et la partie supérieure en blocage, se dressent plus au nord et dominent la nécropole de ce site (P. Toussaint parle aussi des traces d'une enceinte que je n'ai pas réussi à détecter).
Majoura. Vestiges du mausolée nommé Ksar en-Nadour (vue prise du sud).
Il est facile aussi, sur ce site, de repérer l'existence d'un bon nombre de dépotoirs en forme de monticules, de couleurs orangé, jaunâtre et grisâtre, constitués uniquement de cendres et de fragments de différentes sortes de céramiques. Les plus importants sont au nombre de cinq, longeant la rive gauche de l'Oued (Figure 2), non loin de la « citadelle ».
1.1. Les dépotoirs situés au nord sont constitués de trois monticules de contenu homogène ne renfermant que des cendres, des fragments d'amphores et des ratés de fours. Le matériel de ces monticules (Figures 2–5 et 8) dévoile l'existence d'un atelier d'amphores, notamment du type Keay 8B, corroborée par l'homogénéité des fragments, le bon nombre de surcuits (Figure 9) et les traces du four lui-même. Malgré le nombre limité de fragments actuellement disponibles, nous pouvons tenter de préciser la typologie de cette production inédite de Majoura (sauf mention contraire tous les dessins sont à l’échelle 1/3; photos et dessins sont de l'auteur).
Majoura. Dépotoirs d'amphores (vue prise du sud-ouest).
Majoura. Détails: ratés de cuissons.
Les amphores de cet atelier se caractérisent par un bord en bandeau surmonté d'un replat à lèvre externe amincie. La pâte est de couleur beige (Figures 10.3–11.4) ou rose en sandwich (Figures 10.2 et 11.5–7) généralement homogène et assez épurée. On peut distinguer les types suivants:
Majoura. Fragments d'amphores.
Majoura. Fragments d'amphores.
Type 1
Bord à bandeau externe prononcé; replat horizontal à lèvre externe biseautée. Les parties inférieures des bords internes des exemplaires de ce type sont, apparemment, aménagées pour recevoir des bouchons.
D. 13,8–15,2 cm
1.1 (Figure 10.1): bandeau à flexion (fléchi)
1.2 (Figure 10.2–3): bandeau sans flexion
Type 2
Bord à bandeau externe peu prononcé; replat incliné, à lèvre pendante.
D. 13,8–14 cm
2.1 (Figure 11.4–5): bord évasé à lèvre effilée; bord interne aménagé
2.2 (Figure 11.6–7): bord rentrant à lèvre non effilée
Ces fragments d'amphores semblent appartenir au type Keay 8B plus ou moins évolué (concernant ce type voir notamment Bonifay et al. Reference Bonifay, Capelli, Martin, Picon and Vallauri2002–2003, fig. 12; Gandolfi et al. Reference Gandolfi, Murialdo, Capelli, Bonifay, Menchelli, Pasquinucci and Guiducci2010 [avec analyses pétrographiques de Cl. Capelli]; Bonifay, Capelli, et Moliner Reference Bonifay, Capelli and Moliner2011, fig. 9 et 10; Smokotina Reference Smokotina2013, fig. 6 et 8). Ce type d'amphores est datable de la seconde moitié du Ve–VIe siècle (Bonifay Reference Bonifay2004, 132, fig. 71).
Majoura. Dépotoirs de sigillées (vue prise du sud).
1.2. Les dépotoirs situés au sud sont formés de deux monticules plus imposants (Figure 2). Le premier (Figure 2, n° 1) s’élève sur environ 4 m et s’étend sur à peu près 12 m tandis que le deuxième (Figure 2, n° 2) a une hauteur de plus de 5 m et une largeur d'environ 8 m (Figure 12). Cependant, leur interprétation est plus difficile: d'une part nous avons des cendres, des fragments de vaisselle de table, de vaisselle culinaire, de lampes et de céramique commune et d'autre part l'absence du moindre indice formel d'une production locale. Ce paradoxe nous a incités à revisiter le site à maintes reprises à la recherche d'une preuve capable d’élucider cette situation, chose que nous estimons avoir réalisée lors de nos plus récentes investigations. En effet, nous avons eu la chance de détecter des tessons de casettes (Figures 13–14) et des ratés de cuisson (fragments de céramique culinaire et de lampes) (Figure 15). Ces nouvelles données autorisent d'emblée à rectifier nos anciennes déductions sur sa nature, à savoir un site exclusivement producteur d'amphores et importateur des sigillées africaines (Nasr Reference Nasr2005). Il s'avère désormais que les ateliers de Majoura produisaient non seulement des amphores mais probablement aussi de la céramique sigillée et culinaire.
Majoura. Détails: fragments de casettes.
Majoura. Fragments de casettes (Éch. 1:2).
Majoura. Détails: ratés de cuissons (fragments de couvercles, de tajines et de lampe).
2. La céramique sigillée et culinaire de Majoura
Dans le cadre de cette contribution préliminaire et dans l'attente d'analyses pétrographiques qui permettraient de mieux assurer les hypothèses de provenance, nous allons nous contenter: d'exposer une partie du matériel de ce site, les productions régionales uniquement (pour avoir une idée sur les productions exogènes à cette région, on se reportera à Nasr Reference Nasr2005, 380–472); d'essayer, quoique cette tâche paraisse pour le moment peu évidente, vu l’état chaotique des dépotoirs, de classer, au moins, les tessons des vaisselles de table et de cuisine, dont les profils et les caractéristiques techniques sont peu discutables. Pour réaliser ce travail nous nous sommes référés essentiellement aux productions régionales les plus connues à savoir celles de Henchir es-Srira (Stern Reference Stern1968, pl. III) et surtout celles de Sidi Aïch (Stern Reference Stern1968; Reference Atlante I=Carandini, Anselmino, Pavolini, Saguì, Tortorella and TortoriciAtlante I; Hayes Reference Hayes1972; Bonifay Reference Bonifay2004) et aux typologies propres aux productions de ce dernier site élaborées par nous-mêmes (Nasr Reference Nasr2005, 91–273). Pour les catégories inclassables dans l'une des productions régionales connues, nous optons, pour le moment, de les présenter sans attribution aucune. Une origine locale (Majoura) n'est cependant pas à exclure, compte tenu de la découverte de casettes de cuisson.
2.1. La vaisselle de table
Production probable de Sidi Aïch
Type 1
Assiette/plat peu profond à bord « continu » et à paroi à épaississement. Vernis rouge brique foncé à orangé-brun; pâte marron et facture légère.
1.1 (Figure 16.1): assiette/plat à vasque redressée, variante Nasr 2 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XII, 2) (à propos des rapprochements des productions de Sidi Aïch avec celles dites « universelles » cf. par exemple Nasr Reference Nasr2005, 91–133, et Reference Atlante I=Carandini, Anselmino, Pavolini, Saguì, Tortorella and TortoriciAtlante I, 138–39, pl. LXVI)
Majoura. Sigillées africaines. Vaisselle.
1.2 (Figure 16.2): assiette/plat à vasque évasée-incurvée, variante Nasr 3.1 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XII, 3)
Type 2
Assiettes/plats profonds tronconique. Vernis rouge brique et pâte de la même couleur; facture légère.
2.1 (Figure 16.3): assiette/plat à vasque à inflexion, Nasr 7.2.2 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XII, 10)
2.2 (Figure 16.4): assiette/plat à vasque rectiligne et paroi à épaississement, Nasr 7.2.2 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XII, 10)
Type 3
Plats à vasque évasée et à carène haute plus ou moins prononcée. Les caractéristiques techniques sont semblables à celles du type précédent. Les exemplaires de ce type évoquent, plus ou moins, les formes Nasr 14.1–2 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XIV).
3.1: plats à bord redressé
3.1.1 (Figure 16.5–6): bord effilé
3.1.2 (Figure 16.7–8): bord non effilé
3.2 (Figure 16.9): plat à bord atrophié rentrant
Type 4
Plats peu profonds à vasque évasée et à bord généralement épaissi rentrant. Pied minuscule à la jonction paroi-fond externe. Vernis rouge-orangé à rouge brique, pâte marron à rouge marron vif, assez homogène et facture légère.
4.1: plats à bord arrondi aplati
4.1.1 (Figure 16.10–11): plat à paroi sans épaississement, Nasr 15 et 18 (Nasr Reference Nasr2005, pl. CLXXXI, 65 et 68)
4.1.2 (Figure 16.12–13): plat à paroi à épaississement, idem (Nasr Reference Nasr2005, pl. CLXXXI, 67 et 69)
4.2: plats à bord aplati
4.2.1 (Figure 16.14–17): bord à épaississement à lèvre saillante, Nasr 19 (Nasr Reference Nasr2005, pl. CLXXXII, 70–73)
4.2.2: bord à épaississement à lèvre atrophiée
4.2.2.1 (Figure 16.18): paroi supérieure sans amincissement, Nasr 19 (Nasr Reference Nasr2005, pl. CLXXXII, 74)
4.2.2.2 (Figures 16.19 et 17.20–21): paroi supérieure à amincissement, Stern Ie SA-I (Stern Reference Stern1968, pl. V)
Type 5
Plats profonds à vasque tronconique. Vernis rouge-orangé à rouge brique assez épais. Pâte marron clair à rouge foncé assez homogène.
Les exemplaires de ce type évoquent les formes Nasr 21.1 et 21.2 de Sidi Aïch (cf. Nasr, Reference Nasr2005, pl. XVI, 39–44).
5.1: bord à bourrelet interne
5.1.1 (Figure 17.22–23): bord à bourrelet arrondi
Majoura. Sigillées africaines. Vaisselle.
5.1.2 (Figure 17.24–29): bord à bourrelet allongé
5.1.3 (Figures 17.30–33 et 18.34–35): bord à bourrelet aplati
5.1.4 (Figure 18.36–37): bord crochu
Majoura. Sigillées africaines. Vaisselle.
5.2 (Figure 18.38): bord sans bourrelet interne
Type 6
Plats à marli court; vernis rouge-brun à rouge-orangé foncé assez épais. Pâte marron assez homogène et facture assez légère.
6.1: plats à marli sans cannelures (simple)
6.1.1 (Figure 18.39–43): plat à vasque incurvée redressée et à lèvre interne aigue
6.1.2 (Figure 18.43–46): plat à vasque évasée à lèvre interne non aigue
6.2 (Figure 18.47): plat à marli horizontal court cannelé
Les exemplaires des sous-types:
6.1 évoquent les formes Nasr 22.1 et 22.2 de Sidi Aïch (Nasr Reference Nasr2005, pl. XVII–XVIII, 47–61);
6.2 est apparenté à la forme Nasr 25.1.2 de Sidi Aïch (Nasr Reference Nasr2005, pl. XIX, 66).
Type 7
Plats/assiettes à marli horizontal plus long. Vernis rouge brique assez épais; pâte marron peu homogène et facture assez légère.
7.1 (Figure 18.48): plat profond à vasque incurvée et à bord redressé; marli à lèvre externe arrondie amincie, variante Stern XVIII SA-IV-34 (Stern Reference Stern1968, pl. V)
7.2 (Figure 18.49–50): plat peu profond à vasque évasée; marli à lèvre inférieure externe amincie. Les exemplaires de ce sous-type correspondent à la forme Stern XVIII SA-V-19 (Stern Reference Stern1968, pl. V)
Type 8
Coupes à marli court. Vernis marron épais; pâte de la même couleur que le vernis, assez homogène; facture légère.
8.1: coupe à vasque évasée
8.1.1 (Figure 18.51): coupe carénée à marli horizontal, variante Stern XVIII SA-V-19 (Stern Reference Stern1968, pl. V)
8.1.2 (Figures 18.52 et 19.53): coupe sans carène à marli oblique, idem SA-II-69 (Stern Reference Stern1968, pl. V)
8.2: coupe à vasque incurvée
8.2.1 (Figure 19.54): coupe à marli courbé à lèvre interne saillante, variante Stern XVIII SA-IV-39 (Stern Reference Stern1968, pl. V)
Majoura. Sigillées africaines. Vaisselle.
8.2.2 (Figure 19.55–57): coupe à marli à collerette, Stern XIX et XXI (Stern Reference Stern1968)
Type 9
Plats/assiettes à marli large. Vernis rouge brique épais, pâte marron homogène et facture légère.
9.1 (Figure 19.58): marli oblique à épaississement, Stern XXVII SA-III-8–9 (Stern Reference Stern1968, pl. V)
9.2 (Figure 19.59): marli horizontal sans épaississement, variante Stern XXVII (Stern Reference Stern1968)
Type 10
Assiettes à marli à ressaut interne. Vernis orangé-brun tacheté et épais; pâte marron à marron foncé homogène. Facture plutôt grossière.
10.1 (Figure 19.60): marli à épaississement à lèvre coupée; un « gradin » à la jonction marli-paroi interne, Nasr 35.2.1 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XXIII, 113)
10.2 (Figure 19.61): marli « continu » à lèvre arrondie non épaissie, variante Nasr 36.1.1 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XXIV)
10.3 (Figure 19.62–64): marli « distinct » à lèvre épaissie, Nasr 36.1.1–2 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XXIV–XXV)
Type 11 (Figure 19.65)
Plat à vasque évasée; marli horizontal très court à lèvre externe biseautée. Vernis orangé-brun épais; pâte marron vif homogène. Facture très légère. Nasr 50.1.2 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XXIX).
Type 12
Assiettes à vasque très évasée; bord à bourrelet externe. Bord et paroi externes généralement guillochés. Vernis rouge brique assez épais; pâte marron clair homogène. Facture légère.
12.1: Assiettes sans carène à bord court « collé » directement à la paroi
12.1.1 (Figure 19.66): bourrelet massif, Nasr 53.1.2.1 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XXX, 186)
12.1.2 (Figure 20.67–68): bourrelet mince, variante Nasr 53.1 (Nasr Reference Nasr2005)
Majoura. Sigillées africaines. Vaisselle.
12.2: assiettes carénées à bord allongé redressé
12.2.1 (Figure 20.69): bord à bourrelet ovale peu prononcé, Nasr 53.3.1.1.2 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XXX, 191)
12.2.2 (Figure 20.70–73): bord à bourrelet à section triangulaire, variantes Nasr 53–55 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XXXI–XXXII)
Type 13
Assiettes à vasque évasée à bord en bourrelet massif rattaché directement à la paroi. Vernis rouge brique foncé et épais; pâte marron très homogène. Facture légère.
13.1 (Figure 20.74): bord à bourrelet presque arrondi, variante Nasr 58 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XXXIII)
13.2 (Figure 20.75): bord à bourrelet convexe à lèvre pendante, variante Nasr 61(?), (Nasr Reference Nasr2005, pl. XXXIV)
Type 14
Mortiers. Vernis orangé-brun assez épais; pâte marron clair assez homogène. Facture légère pour les exemplaires 76–79 et 86–88 et lourde pour le reste (80–85).
14.1: mortiers à listel
14.1.1 (Figure 20.76–77): mortier à vasque évasée, Nasr 64.1 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XXXV)
14.1.2 (Figure 20.78–79): mortier à vasque incurvée à bord rentrant, variante Nasr 64.2 et variante 66.2 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XXXV et XXXVII)
14.2: mortiers à collerette
14.2.1 (Figures 20.80–21.84): mortiers peu profonds à vasque évasée et à collerette convexe développée, variante Nasr 68 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XXXVII) et Stern XXIX a (Stern Reference Stern1968, pl. V)
14.2.2 (Figure 21.85–88): mortiers profonds à collerette « anguleuse », variante Nasr 69.1–2 (Nasr Reference Nasr2005, pl. XXXVIII, 259–63)
Majoura. Sigillées africaines. Vaisselle.
Type 15 (Figure 21.89)
Écuelle à bord à bourrelet externe à section triangulaire; paroi externe guillochée. Vernis rouge brique épais; pâte rouge-orangé très homogène. Facture légère, variante Nasr 70.1 (Nasr Reference Nasr2005, 265, pl. XXXVIII).
Production probable de Henchir es-Srira
Type 16 (Figure 21.90)
Plat/assiette à vasque arrondie; bord épaissi cannelé et paroi à épaississement. Vernis marron, épais; pâte marron, peu homogène. Facture assez légère.
Productions d'origine incertaine (locale?)
Type 17
Plats peu profonds à vasque évasée.
17.1 (Figure 21.91): bord légèrement rentrant; le plan de pose se fait sur l'extrémité inférieure de la paroi externe. Vernis rouge-orangé épais; pâte orangé foncé, assez homogène facture assez légère
17.2 (Figure 21.92): bord effilé; un ressaut peu prononcé marque la jonction paroi-fond interne. Pied minuscule arrondi. Vernis violet à violet noir, hétérogène; pâte orangée hétérogène. Facture grossière
Type 18
Plats profonds à vasque évasée. Vernis rouge brique assez épais; pâte marron peu homogène. Facture légère.
18.1 (Figure 22.93–95): plats à vasque incurvée et à bord rentrant
Majoura. Sigillées africaines. Vaisselle.
18.2 (Figure 22.96–106): plats profonds à vasque évasée rectiligne ou presque et à bord épais
Type 19
Plats profonds à vasque évasée et à bord à bourrelet interne. Vernis rouge-orangé tacheté et assez épais; pâte rouge brique, peu homogène porte, parfois, des traces de feu (les exemplaires 110 et 112). Facture assez grossière.
19.1 (Figure 22.107): plat peu profond à vasque incurvée et à bourrelet à section triangulaire
19.2 (Figure 22.108–13): plats profonds à vasque rectiligne et à bourrelet arrondi
Type 20 (Figure 22.114)
Plat profond à vasque évasée et à bord rentrant. Vernis saumon, tacheté et peu soigné; pâte rouge-orangé homogène. Facture assez lourde.
Type 21
Plats peu profonds à marli. Vernis marron à orangé foncé, parfois tacheté, assez épais; pâte marron clair, assez homogène, porte parfois des traces de feu (exemplaire n° 121). Facture légère.
21.1 (Figure 22.115–22): marli à lèvre interne aiguë
21.2 (Figure 23.123–26): marli à lèvre interne non aiguë (arrondie)
Majoura. Sigillées africaines. Vaisselle.
Type 22
Coupes à marli.
Pour les exemplaires 126 et 129: vernis orangé foncé, épais; pâte marron clair, homogène. Facture légère.
Pour les exemplaires 127–28: vernis hétérogène de couleur noisette à marron violet devient noir sur les parties externes; pâte assez homogène formée parfois de deux couches beige-grisâtre et rouge. En revanche, la facture, en contraste avec l'aspect général de ces exemplaires, est très légère.
22.1 (Figure 23.127): coupe à vasque évasée et à marli à épaississement
22.2 (Figure 23.128–30): coupe à vasque « incurvée » et à bord rentrant
Type 23
Assiette/plat peu profond à marli et à vasque très évasée. Vernis marron à rouge orangé, assez épais; pâte marron à rouge orangé assez homogène. Facture légère.
23.1 (Figure 23.131–33): marli atrophié
23.2 (Figure 23.134–36): marli allongé
Type 24
Assiettes à bord en bourrelet externe; bord et paroi externes guillochés. Vernis marron épais; pâte marron à rouge orangé, homogène. Facture légère.
24.1 (Figure 24.137): assiette non carénée et peu profonde
Majoura. Sigillées africaines. Vaisselle.
24.2 (Figure 24.138–39): assiette carénée et profonde
Type 25 (Figure 24.140)
Mortier à collerette massive courte et à bord redressé aminci. Vernis rouge-orangé foncé, épais; pâte de la même couleur que le vernis, assez homogène. Facture assez légère.
Type 26 (Figure 24.141)
Bol tronconique à bord externe épaissi aplati. Vernis orangé brun, épais; pâte saumon, très homogène. Facture très légère.
Type 27 (Figure 24.142)
Plat profond à vasque évasée et à bord à bourrelet rentrant oblique; bourrelet externe aplati. Vernis orangé brun, assez épais; pâte orangé-mauve, peu homogène. Facture assez légère.
Type 28
Plats à marli très court à section triangulaire. Vernis marron foncé, assez épais; pâte saumon clair à marron, homogène. Facture légère.
D. 22,6–40,6 cm
28.1 (Figure 24.143–44): plat à vasque incurvée
28.2 (Figure 24.145): plat à vasque évasée; marli incliné
Type 29 (Figure 24.146)
Assiette/plat à marli horizontal court à lèvre supérieure externe amincie. Vernis rouge-brun, assez épais; traces de feu. Pâte rougeâtre-gris, assez homogène; facture légère.
Type 30 (Fig. 24.147)
Coupe à vasque évasée à bord oblique à lèvre externe épaissie coupée. Vernis rouge brique, épais; pâte marron clair, homogène; facture assez légère.
Type 31
Coupes à paroi très fine à marli retroussé. Vernis rouge brique, épais; pâte saumon à marron, homogène. Facture très légère.
31.1 (Figure 24.148): coupe à vasque évasée et à marli incliné à lèvre inférieure externe coupée
31.2 (Figure 24.149–50): coupe à vasque hémisphérique à marli horizontal
Type 32
Coupes à vasque hémisphérique et à marli oblique. Vernis rouge brique foncé, épais; pâte marron clair, assez homogène.
32.1 (Figure 24.151): paroi épaisse et marli court effilé
32.2 (Figure 24.152): paroi fine et marli large mince
Type 33 (Figure 24.153)
Assiette à marli interne cannelé. Vernis rouge brique foncé, épais; pâte rouge brique clair, assez homogène. Facture légère.
Type 34 (Figure 24.154)
Plat/assiette à vasque évasée et à bord épaissi aplati. Vernis rouge brique, peu épais; pâte saumon, homogène. Facture légère.
Type 35 (Figure 25.155)
Assiette basse à marli horizontal court. Vernis rouge brique, assez épais; pâte marron vif, homogène. Facture légère.
Majoura. Sigillées africaines. Vaisselle.
Type 36
Plats profonds à marli rehaussé. Vernis marron, épais; pâte marron, assez homogène. Facture légère.
36.1 (Figure 25.156): plat caréné à marli large
36.2 (Figure 25.157): plat sans carène à marli court
Type 37
Assiettes à bord en bourrelet. Vernis marron, assez épais; pâte marron vif (saumon foncé), assez homogène. Facture assez légère.
37.1 (Figure 25.158): assiette peu profonde à bord à section triangulaire
37.2: assiette profonde
37.2.1 (Figure 25.159): bord à bourrelet ovale redressé
37.2.2 (Figure 25.160): bord à bourrelet arrondi cannelé
Type 38 (Figure 25.161)
Plat à panse évasée rectiligne et à bord à bourrelet massif, facetté. Vernis rouge-brun, assez épais; pâte rosée, homogène. Facture lourde.
Type 39 (Figure 25.162)
Gobelet à marli retroussé, court et oblique. Vernis marron, assez épais; pâte marron clair, très homogène. Facture très légère.
Type 40
Mortiers à collerette. Vernis marron clair, assez épais; pâte marron clair à marron, peu homogène (grains de sable, particules de chaux…). Facture grossière pour les exemplaires n° 162–63 et facture très légère pour le n° 164.
40.1 (Figure 25.163–64): collerette atrophiée
40.2 (Figure 25.165): collerette très développée; bord effilé
Type 41 (Figure 25.166)
Assiette à marli mouluré à lèvre redressée effilée. Vernis marron clair, tacheté et mince; pâte marron terne, homogène. Facture assez légère.
2.2. La vaisselle culinaire
Production probable de Sidi Aïch
Type 42
Casseroles à marli rabattu aminci et à bord interne à double ressaut. Vernis rouge brique, assez épais; pâte rouge-orangé assez homogène. Facture légère.
42.1 (Figure 26.167): casserole carénée
Majoura. Sigillées africaines. Vaisselle.
42.2 (Figure 26.168): casserole à vasque rectiligne
Les exemplaires de ce type appartiennent aux ateliers de Sidi Aïch (Nasr Reference Nasr2005, pl. CXII, 7–9).
Type 43 couvercles
43.1: couvercle à bord oblique
43.1.1 (Figure 26.170–79): bord à bourrelet « développé »
43.1.2 (Figure 26.180–81): bourrelet atrophié
43.2 (Figure 26.182): couvercle à bord horizontal
43.2.1 (Figure 26.182–83): bourrelet arrondi
43.2.2 (Figure 26.184): bourrelet allongé
En général, les exemplaires de ce type n'ont pas de parallèles exacts ni parmi les productions dites « classiques », ni même avec les productions régionales septentrionales des centres côtiers ou continentaux (dans ce sens voir notamment Bonifay Reference Bonifay2004, 211–44; Reference Atlante I=Carandini, Anselmino, Pavolini, Saguì, Tortorella and TortoriciAtlante I, 212–14, pl. CIV–CV; Lund Reference Lund, Dietz, Ladjimi Sebaï and Ben Hassen1995, 617–20; et Mackensen Reference Mackensen1993, 626–30, pl. 80–82) mais seulement de vagues parentés; par contre, ils présentent des similitudes voire même des analogies avec les productions de Sidi Aïch. Ainsi, les spécimens numéros:
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• 169 à 176 évoquent une vague parenté avec la forme Hayes 182 (Hayes Reference Hayes1972, fig. 35, 201–203) et des similitudes avec notre forme 5.1 (Nasr Reference Nasr2005, pl. CXIII, fig. 12–18);
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• 177 à 180 qui n'ont pas de parallèles parmi les formes dites « universelles », permettent des rapprochements aisés avec nos formes 5.2 (Nasr Reference Nasr2005, pl. CXIII–IV, fig. 19–24);
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• 181 à 184 rappellent vaguement la forme Hayes 195 (Nasr Reference Nasr2005, 204) et présentent des similitudes avec la forme de Sidi Aïch 5.3.1 (Nasr Reference Nasr2005, fig. 25–29).
Productions d'origine incertaine (locale?)
Type 44 (Figure 26.185)
Petite marmite (?) (tajine) à vasque évasée; marli court, oblique et épaissi-arrondi. Vernis rouge-orangé, assez épais; pâte marron clair, peu homogène. Facture très légère.
Type 45 (Figure 26.186)
Poêlon ou plat (?) à marli court, oblique et rentrant. Vernis rouge-orangé, assez épais; pâte marron clair, très homogène. Facture très légère.
Type 46
Couvercles. Vernis orangé-brun à rouge orangé foncé, assez épais; pâte rouge-orangé peu homogène. Facture assez légère.
46.1: couvercles à paroi rectiligne
46.1.1 (Figures 26.187–27.193): bord oblique
46.1.2 (Figure 27.194–95): bord horizontal
Majoura. Céramique culinaire.
46.2: couvercles à paroi incurvée
46.2.1 (Figure 27.196–206): bord oblique
46.2.2 (Figure 27.207): bord « horizontal » à bourrelet ovale
3. Conclusion
Au terme de cette contribution, qui a pour sujet une partie des fragments de céramiques ramassés en surface des dépotoirs d'un site inédit de la Byzacène du Sud-Ouest, Majoura, et sans entrer dans les détails, nous voudrons souligner que:
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• Les nouvelles données archéologiques ci-dessus citées (casettes et ratés de four) permettent de dévoiler la « vraie » nature de ce site: un centre producteur d'amphores, de vaisselle de table et de céramique culinaire.
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• Néanmoins, ces nouvelles données, autant elles nous éclairent sur la nature du site, autant elles nous mettent devant une nouvelle problématique plus tenace: discerner la production de Majoura des autres productions régionales, notamment celles de Sidi Aïch; une opération fort délicate à cause des degrés de similitudes entre ces productions. Face à une situation pareille, les analyses archéométriques semblent être notre ultime recours.
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• Cette diversification au niveau de la production octroie à ce site rural une importance particulière tant pour l'histoire économique de la Byzacène que pour l’étude de l’économie antique en général.
L'ensemble du matériel de Majoura étudié antérieurement, toutes catégories confondues (Nasr Reference Nasr2005, 380–472), et les exemplaires d'amphores inédits ci-dessus exposés offrent la possibilité d'esquisser une fourchette chronologique qui s’étale entre la fin du IIe-début IIIe siècle pour les formes Hayes 3B, 29, 32, 33, et 44 (Hayes Reference Hayes1972, 21–25; 52; 55–57; 61–62; Nasr Reference Nasr2005, 445–47, tableau récapitulatif n° 11) et la seconde moitié du Ve–VIe siècle (Bonifay Reference Bonifay2004, 132, fig. 71).
Remerciements
Ma profonde gratitude va à mon ami et collègue Michel Bonifay pour ses conseils et son aimable collaboration, notamment pour préciser la nature de ces dépotoirs. Je remercie aussi l'ensemble du personnel du musée de Gafsa.