Le nom propre en discours représente la résultante des études des nombreux auteurs et auteures dans ce domaine. Au fil de l'histoire, le nom propre (Np désormais) a été le sujet de divers débats, l'un des plus intenses faisant référence au sens. Certains auteurs suggèrent que le Np est vide de sens, c'est-à-dire, qu'il désigne directement l'individu porteur du nom, tandis que d'autres considèrent que le Np est chargé d'une signification particularisante, car il désigne un individu unique.
L'Avant-Propos nous évoque les principaux points abordés au long de l'ouvrage: entre autres l'identité, le sens et la référence du Np, et le discours. Il est suivi par les trois parties qui constituent le véritable noyau de l'ouvrage: respectivement « Identité, identification et changement d'identité », « La construction de l’événement dans la presse: dénomination propre, nom propre d’événement » et finalement « Histoire, mémoire, légende ». La première partie se compose de deux chapitres: « De la mythologie à la chirurgie plastique: résistance, vacance et perte du nom propre », de G. Achard-Bayle, qui aborde la question de l'identité personnelle et du changement du Np en raison de changements physiques, d'identité ou de sexe; et « Le pseudonyme, nom ou discours? D’Étienne Platon à Oxyhre », de G. Cislaru, qui traite de l'importance des pseudonymes, principalement sur Internet.
La deuxième partie est composée de trois chapitres: « La dénomination propre la guerre d'Afghanistan en discours: une interaction entre sens et référence », de M. Veniard, qui nous montre la grande complexité des dénominations propres de guerre qui est le fruit du rapport entre nom et référent; et aussi entre homme et environnement. « À propos des « noms propres d’événement »: Événementialité et discursivité », de A. Krieg-Planque, est consacré à la notion de Np d’événement dans les discours médiatiques. Et finalement, dans « Changement de sens du toponyme en discours: de Outreau «ville» à Outreau «fiasco judiciaire» », M. Lecolle s'intéresse à l’évolution du sens d'un Np: en l'occurrence, du toponyme Outreau.
La dernière partie est également composée de trois chapitres. Dans « Une passe à la Zidane: le nom propre dans le discours du reportage sportif », I. Khmelevskaia fait une étude des Np de joueurs et d’équipes selon trois fonctions: initiatique, ludique et axiologique. « Marx dans la presse estonienne « quinze ans après »: Citations non prises en charge, caractère d’étiquette et autres emplois «décoratifs» », de M. Käsper, est consacré à l’étude des différentes références à Karl Marx dans la presse estonienne contemporaine. Et en dernier lieu, « De Gravelotte à Bir Hakeim. Le feuilleté mémoriel des noms de bataille », de M.-A. Paveau, est une étude du Np comme « nom de mémoire » collective ou de la société. Le corpus de cette dernière est constitué par une liste de noms sur un drapeau régimentaire et deux noms particuliers, Bir Hakeim et Gravelotte. Dans la Postface de M. N. Gary-Prieur, intitulée « Le nom propre, entre langue et discours », l'auteure expose les diverses manières d'aborder l’étude du Np, contrastant l'analyse linguistique et l'approche discursive.
En somme, cet ouvrage fournit une approche actuelle du Np dans des discours appartenant à des domaines très différents: sportif, historique, virtuel (Internet) entre autres, et placés dans des endroits très séparés géographiquement: la France et l'Estonie. Par conséquent, ce livre s'adresse autant à un public spécialiste qu’à un public non-spécialiste.
La rigueur de sa rédaction et la richesse des domaines explorés au fil de ces pages font de cet ouvrage une référence précieuse. Sa structure permet une lecture très agréable et le sujet principal est très bien abordé. En définitive, c'est un ouvrage qui nous fait réfléchir sur nos propres connaissances linguistiques comme spécialistes, mais surtout comme usagers de langues.