1 Introduction
Les entiers naturels ont deux structures fondamentales : additive et multiplicative. En général, les propriétés multiplicatives d’un entier et celles de sa perturbation additive sont indépendantes. Les nombres premiers de Fermat et les nombres premiers jumeaux sont deux exemples typiques. Dans cet article, nous nous intéressons aux facteurs premiers des entiers consécutifs. Désignons par
$P^{+}(n)$
le plus grand facteur premier d’un entier générique
$n\geqslant 1$
avec la convention que
$P^{+}(1)=1$
. En tenant compte de la raison mentionnée ci dessus, il est naturel d’escompter que
$P^{+}(n)<P^{+}(n+1)$
pour un entier sur deux et plus généralement :
Hypothèse A. Soit
$k\geqslant 2$
un entier fixé. Alors pour toute permutation
$(a_{1},a_{2},\ldots ,a_{k})$
de
$\{0,1,\ldots ,k-1\}$
, on a
c’est-à-dire,
$$\begin{eqnarray}\frac{1}{x}\mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P^{+}(n+a_{1})<P^{+}(n+a_{2})<\cdots <P^{+}(n+a_{k})}}1\rightarrow \frac{1}{k!}\end{eqnarray}$$
pour
$x\rightarrow \infty$
.
Cette conjecture est formulée par De Koninck et Doyon [Reference De Koninck and Doyon6] dans le cadre de leur article sur la distance entre les entiers friables. Sans doute, une telle conjecture est très difficile à démontrer. Même dans le cas le plus simple, i.e.
$k=2$
, cette conjecture reste encore ouverte. Ce cas est un des “unconventional problems in number theory” d’Erdős (voir par exemple [Reference Erdős8] ou [Reference Tenenbaum21]).
1.1 Les plus grands facteurs premiers de trois entiers consécutifs
En 1978, Erdős et Pomerance observent dans leur article [Reference Erdős and Pomerance9] que les deux configurations
ou
ont lieu pour une infinité d’entiers
$n$
, et conjecturent qu’elles se produisent pour une proportion positive d’entiers. Par ailleurs, ils démontrent l’existence d’une infinité d’entiers
$n$
satisfaisant
en considérant des entiers
$n$
de la forme
$n=p^{k_{0}}$
avec
$k_{0}$
judicieusement choisi. Finalement, ils remarquent que “On the other hand we cannot find infinitely many
$n$
for which
but perhaps we overlook a simple proof. ” En 2001, Balog [Reference Balog1] démontre leur conjecture et il obtient
pour
$x\rightarrow \infty$
.
Dans cet article, nous montrons qu’il existe une proportion positive d’entiers
$n$
tels que (1.2) et (1.3) sont vraies.
Notre résultat est le suivant.
Théorème 1. Pour
$x\rightarrow \infty$
, on a
et
L’idée de la preuve est de considérer pour (1.6) des entiers
$n$
friables et pour (1.7) des entiers de la forme
$mp$
, où
$p$
est un nombre premier de taille assez grande. On introduit ensuite un système de poids bien adapté et on utilise des théorèmes de type Bombieri–Vinogradov pour les entiers friables et pour les entiers avec un grand facteur premier.
1.2 Les plus grands facteurs premiers de deux entiers consécutifs
Dans ce sous-paragraphe, nous considérons les plus grands facteurs premiers de deux entiers consécutifs. Dans ce cas, la conjecture (1.1) peut être simplifiée de la manière suivante :
En 1978, Erdős et Pomerance [Reference Erdős and Pomerance9] démontrent qu’il existe une proportion positive d’entiers
$n$
avec
$P^{+}(n)<P^{+}(n+1)$
. Plus précisément, ils obtiennent
En 2005, La Bretèche, Pomerance et Tenenbaum [Reference de la Bretèche, Pomerance and Tenenbaum4] améliorent la constante 0,0099 en 0,05544. De plus, dans leur article ils indiquent que 0,05544 peut être remplacée par 0,05866, grâce à une observation de Fouvry. Récemment, nous [Reference Wang25] avons réussi à généraliser ce problème dans les petits intervalles. En particulier, nous avons amélioré la constante 0,05866 en 0,1063.
Rivat [Reference Rivat19] propose une autre voie pour approcher (1.8). Pour
$2\leqslant y\leqslant x,$
notons
$P_{y}^{+}(n)$
, le plus grand facteur premier de
$n$
inférieur à
$y$
,
$P_{y}^{+}(n)=\max \{p|n:p\leqslant y\}$
, avec la convention
$P_{y}^{+}(n)=1$
si le plus petit facteur premier de
$n$
est strictement supérieur à
$y$
.
Pour quels
$y$
, avons-nous la formule
En posant
Rivat montre que
est valable pour
$(a,b(b+1))=1$
et
Cela implique que la formule asymptotique (1.10) a lieu uniformément dans le domaine (1.11). Puisque (1.8) est équivalente à (1.10) avec
$y=x$
, il serait intéressant d’étendre le domaine de
$y$
dans (1.11) ci-dessus à
$y=x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}$
où
$0<\unicode[STIX]{x1D6FC}\leqslant 1$
est une constante.
Nous n’avons pas réussi à obtenir une telle extension de (1.11). Notre théorème fournit cependant une minoration du membre de gauche de (1.10) quand
$y=x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}$
.
Théorème 2. Soit
$y=x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}$
avec
$\unicode[STIX]{x1D6FC}\in ]0,1\!]$
. Il existe
$C(\unicode[STIX]{x1D6FC})>0$
tel que
pour
$x\rightarrow \infty$
.
Notre démonstration fournit des expressions explicites de
$C(\unicode[STIX]{x1D6FC})$
admissibles. On renvoie le lecteur à (8.6) et (9.24) pour une définition précise de
$C(\unicode[STIX]{x1D6FC})$
respectivement dans les intervalles
$]0,1/2\!]$
et
$]\!1/2,1\!]$
. Le suivant est trois exemples de valeurs de
$C(\unicode[STIX]{x1D6FC})$
admissibles :
Lorsque
$\unicode[STIX]{x1D6FC}$
tend vers 0, notre résultat devient moins intéressant, en effet,
ce qui est contraire à l’intuition. Cela est dû au système de poids que nous utilisons qui est certainement très perfectible pour des petites valeurs de
$\unicode[STIX]{x1D6FC}$
.
Dans cet article nous souhaitons donner un premier résultat valable pour tout
$\unicode[STIX]{x1D6FC}\in ]\!0,1\!]$
. Nous espérons dans un prochain travail améliorer les valeurs de
$C(\unicode[STIX]{x1D6FC})$
pour
$\unicode[STIX]{x1D6FC}$
proche de 0.
Pour
$\unicode[STIX]{x1D6FC}=1$
, le Théorème 2 fournit une amélioration de la proportion 0,1063 obtenue dans [Reference Wang25]. Nous montrons ainsi que
$P^{+}(n)<P^{+}(n+1)$
(ou
$P^{+}(n)>P^{+}(n+1)$
) a lieu pour au moins 2 entiers sur 15, plus précisément on a le corollaire suivant.
Corollaire 1. Pour
$x\rightarrow \infty$
, on a
La minoration ci-dessus est aussi vraie pour la configuration
$P^{+}(n)>P^{+}(n+1)$
.
Signalons que la constante 0,1356 peut être remplacée par 0,411 sous l’hypothèse d’Elliott-Halberstam et l’hypothèse d’Elliott-Halberstam pour des entiers friables (avec “
$q\leqslant x^{1-\unicode[STIX]{x1D700}}$
” à la place de “
$q\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B}$
” dans (3.4) du Lemme 3.2 ci-dessous).
1.3 Les plus grands facteurs premiers de plusieurs entiers consécutifs
De Koninck et Doyon [Reference De Koninck and Doyon6] ont remarqué que sous l’Hypothèse A on a
pour
$x\rightarrow \infty$
. Notre méthode permet d’obtenir une proportion positive inconditionnelle.
Théorème 3. Soient
$J\geqslant 3$
un entier et
$j_{0}\in \{0,\ldots ,J-1\}$
. Alors on a
pour
$x\rightarrow \infty$
, où
Nous avons un résultat similaire pour le max à la place de min.
Théorème 4. Soient
$J\geqslant 3$
un entier et
$j_{0}\in \{0,\ldots ,J-1\}$
. Alors on a
pour
$x\rightarrow \infty$
, où
1.4 Application : distance entre les entiers friables
Pour mesurer la distance entre les entiers friables, De Koninck et Doyon [Reference De Koninck and Doyon6] ont introduit la fonction suivante :
et ont montré sous l’Hypothèse A la formule asymptotique
pour
$x\rightarrow \infty$
. De plus, le Théorème 10 de [Reference De Koninck and Doyon6] entraîne la minoration inconditionnelle
pour
$x\rightarrow \infty$
.
Nous pouvons obtenir grâce au Théorème 1, une majoration inconditionnelle.
Corollaire 2. Pour
$x\rightarrow \infty$
, on a
On remarque qu’on peut très légèrement améliorer ce résultat (voir (11.1)) en appliquant le Théorème 3 à la place du Théorème 1.
Par analogie à
$\unicode[STIX]{x1D6FF}(n)$
, nous proposons étudier la zone de
$P(n)$
-friabilité autour de
$n$
En adaptant la démonstration du Théorème 10 de [Reference De Koninck and Doyon6], on peut facilement montrer que pour
$x\rightarrow \infty$
De façon similaire à la démonstration du Corollaire 2, on peut obtenir une majoration pour
$\unicode[STIX]{x1D6FF}_{\ast }(n)$
en utilisant l’inégalité (1.7) du Théorème 1.
Corollaire 2* .
Pour
$x\rightarrow \infty$
, on a
Balog [Reference Balog1] a remarqué pour
$x\rightarrow \infty$
:
On peut obtenir respectivement une majoration des autres cas de figure pour les triplets d’entiers consécutifs en utilisant les minorations (1.19) et (1.21), ou en combinant le Théorème 1 avec le Corollaire 1.
Corollaire 3. Pour
$x\rightarrow \infty$
, on a
Dans le paragraphe 2 de cet article, on rappelle la majoration du crible linéaire obtenue par Iwaniec et des résultats de Hildebrand, Fouvry et Tenenbaum sur les entiers friables ainsi que sur les entiers sans facteur premier dans un intervalle donné.
Le paragraphe 3 porte sur divers théorèmes de type Bombieri–Vinogradov. Nous obtenons notamment pour la suite des entiers avec un grand facteur premier un niveau de distribution en
$x^{4/7-\unicode[STIX]{x1D700}}$
lorsque la moyenne est prise avec un poids bien factorisable. C’est une “légère” généralisation du théorème de Bombieri–Friedlander–Iwaniec qui pourra peut-être servir dans d’autres contextes.
Les paragraphes suivants sont dévolus aux preuves des différents résultats annoncés dans cette introduction.
Remarque.
Peu après la présentation des ces travaux en mai 2017 lors de la conférence “Prime Numbers and Automatic Sequences ” au CIRM à Marseille, Joni Teräväinen [Reference Teräväinen23] m’a annoncé qu’il avait une autre preuve de la densité inférieure strictement positive des ensembles étudiés au Théorème 1. Sa démonstration ne fournit pas de minoration explicite des densités inférieures mais présente une approche différente et intéressante sur ce problème. De plus, sa méthode entraîne directement la proportion positive de la configuration
$P^{+}(n)<P^{+}(n+1)<P^{+}(n+2)n^{\unicode[STIX]{x1D700}}$
pour tout
$\unicode[STIX]{x1D700}>0$
, mais il semble difficile d’enlever le facteur
$n^{\unicode[STIX]{x1D700}}$
.
2 Deux lemmes de cribles
2.1 Borne supérieure du crible linéaire
Dans ce paragraphe nous rappelons un résultat d’Iwaniec sur le crible linéaire. Nous énonçons ici seulement la majoration car seule celle-ci sera utilisée dans cet article.
Soient
${\mathcal{A}}$
une suite finie d’entiers,
${\mathcal{P}}$
un ensemble de nombres premiers,
$z\geqslant 2$
un nombre réel,
$d$
un entier sans facteur carré dont les facteurs premiers appartiennent à
${\mathcal{P}}$
. Notons
On souhaite évaluer
On suppose que
$|{\mathcal{A}}_{d}|$
vérifie une formule de la forme
où
$X$
est une approximation de
$|{\mathcal{A}}|$
indépendante de
$d$
,
$w$
une fonction multiplicative vérifiant
$0<w(p)<p$
pour
$p\in {\mathcal{P}}$
,
$w(d)d^{-1}X$
un terme principal et
$r({\mathcal{A}},d)$
un terme d’erreur que l’on espère petit en moyenne sur
$d$
. De plus, on définit
On a ainsi [Reference Iwaniec16]
Lemme 2.1. On suppose qu’il existe une constante
$K\geqslant 2$
telle que
pour tout
$v>u\geqslant 2$
. Alors pour tout
$\unicode[STIX]{x1D700}>0$
et
$D^{1/2}\geqslant z\geqslant 2$
, on a
où
$F(s)=2\text{e}^{\unicode[STIX]{x1D6FE}}s^{-1}\;(0<s\leqslant 3)$
,
$\unicode[STIX]{x1D6FE}$
est une constante d’Euler,
$\unicode[STIX]{x1D706}_{\ell }^{+}(d)$
désigne un coefficient bien factorisable de niveau
$D$
et d’ordre 1. Le terme d’erreur
$E$
satisfait
Les
$\unicode[STIX]{x1D706}_{\ell }^{+}(d)$
sont les poids de Rosser–Iwaniec. On pourra trouver une définition précise dans [Reference Iwaniec16]. Ici nous indiquons simplement que
$|\unicode[STIX]{x1D706}_{\ell }^{+}(d)|\leqslant 1$
. La notion de fonction bien factorisable est définie au début du paragraphe 3.2.
2.2 Entiers sans facteur premier dans un intervalle donné
Soit
On désigne pour
$z<y\leqslant x$
l’ensemble des entiers sans facteur premier dans l’intervalle
$]\!z,y\!]$
et n’excédant pas
$x$
. On note le cardinal
Alors
$\unicode[STIX]{x1D6F9}_{0}(x;y,z)$
est évaluée par le lemme suivant (voir [Reference Tenenbaum20, Exercice 299] ou [Reference Tenenbaum and Wu22] pour la correction).
Lemme 2.2. On a
uniformément pour
$y\geqslant z\geqslant 2$
et
$x\geqslant yz$
, où
et
avec la convention
$\unicode[STIX]{x1D717}_{0}(0,u)=0$
. La fonction de Buchstab
$\unicode[STIX]{x1D714}(u)$
est définie comme la solution continue du système
De plus, nous prolongeons
$\unicode[STIX]{x1D714}(u)$
par
$0$
pour
$u<1$
. La fonction de Dickman
$\unicode[STIX]{x1D70C}(u)$
est définie par l’unique solution continue de l’équation différentielle aux différences
2.3 Entiers friables
Posons
et
Les deux lemmes respectivement suivants, dus à Hildebrand [Reference Hildebrand15, Theorem 1] et à Fouvry et Tenenbaum [Reference Fouvry and Tenenbaum12, Théorème 1], serviront dans la démonstration du Théorème 1.
Lemme 2.3. Soit
$\unicode[STIX]{x1D700}>0$
. Alors on a
uniformément pour
où
$u=\log x/\log \,y$
et
$\unicode[STIX]{x1D70C}(u)$
est définie par (2.4).
Lemme 2.4. Soit
$\unicode[STIX]{x1D700}>0$
. Alors on a
uniformément pour
et
Pour l’évaluation de la fonction
$\unicode[STIX]{x1D6F9}_{q}(x,y)$
, on peut aussi voir les travaux de La Bretèche et Tenenbaum [Reference De La Bretèche and Tenenbaum5, Corollary 2.2] avec un domaine plus large de
$y$
.
3 Deux théorèmes de type Bombieri–Vinogradov
Dans cette section, nous démontrons deux théorèmes de type Bombieri–Vinogradov que l’on utilisera dans la démonstration du Théorème 2.
3.1 Théorème de type Bombieri–Vinogradov pour
$S(x;y,z)$
Soit
$S(x;y,z)$
l’ensemble défini comme dans (2.2). Notre théorème de type Bombieri–Vinogradov pour
$S(x;y,z)$
est le suivant.
Proposition 3.1. Pour tout
$A>0$
et tout
$\unicode[STIX]{x1D700}>0$
, il existe une constante
$B=B(A)>0$
telle que l’on ait
$$\begin{eqnarray}\mathop{\sum }_{q\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B}}\max _{t\leqslant x}\max _{(a,q)=1}\biggl|\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(t;\,y,z) \\ n\equiv a(\text{mod}~q)}}1-\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D711}(q)}\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(t;\,y,z) \\ (n,q)=1}}1\biggr|\ll _{A,\unicode[STIX]{x1D700}}\frac{x}{(\log x)^{A}}\end{eqnarray}$$
uniformement pour
où
$\unicode[STIX]{x1D711}(q)$
est la fonction d’Euler.
Pour démontrer cette proposition, rappelons d’abord un résultat général de Motoshashi [Reference Motohashi17]. Soit
$f$
une fonction arithmétique vérifiant les propriétés suivantes :
- (
$\mathscr{A}$
)
$f(n)\ll \unicode[STIX]{x1D70F}(n)^{C}$
, où
$\unicode[STIX]{x1D70F}(n)$
désigne la fonction diviseur et
$C$
est une constante.- (
$\mathscr{B}$
) Si le conducteur d’un caractère de Dirichlet non principal
$\unicode[STIX]{x1D712}$
est
$O((\log x)^{D})$
, alors
$$\begin{eqnarray}\mathop{\sum }_{n\leqslant x}f(n)\unicode[STIX]{x1D712}(n)\ll x(\log x)^{-3D}\quad (x\geqslant 2),\end{eqnarray}$$
où
$D$
est une constante positive.- (
$\mathscr{C}$
) Soit
$$\begin{eqnarray}E_{f}(y;q,a):=\mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant y \\ n\equiv a(\text{mod}~q)}}f(n)-\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D711}(q)}\mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant y \\ (n,q)=1}}f(n),\end{eqnarray}$$
alors pour tout
$A>0$
, il existe une constante
$B=B(A)>0$
telle que
$$\begin{eqnarray}\mathop{\sum }_{q\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B}}\max _{y\leqslant x}\max _{(a,q)=1}|E_{f}(y;q,a)|\ll \frac{x}{(\log x)^{A}}\quad (x\geqslant 2).\end{eqnarray}$$
Les constantes
$A,B,C,D$
ne dépendent que la fonction
$f$
.
Le résultat suivant est dû à Motohashi [Reference Motohashi17, Theorem 1].
Lemme 3.1. Soient
$f$
et
$g$
deux fonctions arithmétiques vérifiant les propriétés
$(\mathscr{A})$
,
$(\mathscr{B})$
et
$(\mathscr{C})$
. Alors la convolution multiplicative
$f\ast g$
vérifie aussi
$(\mathscr{A})$
,
$(\mathscr{B})$
et
$(\mathscr{C})$
.
De manière analogue à
$P^{+}(n)$
, désignons par
$P^{-}(n)$
le plus petit facteur premier d’un entier
$n\geqslant 1$
avec la convention
$P^{-}(1)=\infty$
. Posons
et
Nous utilisons des théorèmes de type Bombieri–Vinogradov pour les entiers criblés et pour les entiers friables.
Lemme 3.2. Pour tout
$A>0$
, il existe une constante
$B=B(A)>0$
telle que l’on ait
uniformément pour
$x\geqslant y\geqslant 2$
.
La formule (3.5) a été démontrée par Wolke [Reference Wolke26], qui dans le même article annonce une formule équivalente pour les friables. La formule (3.4) a été démontrée par Fouvry et Tenenbaum [Reference Fouvry and Tenenbaum12]. On trouvera dans l’article [Reference Fouvry and Tenenbaum13] de Fouvry–Tenenbaum (voir également les travaux récents de Drappeau [Reference Drappeau7]) une formule avec une majoration en
$\unicode[STIX]{x1D6F9}(x,y)(\log x)^{-A}$
à la place de
$x(\log x)^{-A}$
lorsque
$y>\exp \{(\log x)^{2/3+\unicode[STIX]{x1D700}}\}$
et dans l’article [Reference Harper14] d’Harper une formule avec une majoration de niveau
$\unicode[STIX]{x1D6F9}(x,y)^{1/2}(\log x)^{-B}$
, en
$\unicode[STIX]{x1D6F9}(x,y)(\log x)^{-A}$
à la place de
$x(\log x)^{-A}$
lorsque
$y>(\log x)^{K},K$
est une constante fixée. Cependant, dans nos preuves, l’inégalité (3.4) sera suffisante. En particulier, nous exploitons l’uniformité en “
$\max _{z\leqslant x}$
” dans (3.4) et qui n’apparaît pas dans [Reference Fouvry and Tenenbaum13].
Nous somme maintenant prêts pour la preuve de la Proposition 3.1.
Démonstration.
Soient
$\unicode[STIX]{x1D706}$
la fonction caractéristique de l’ensemble
$S(x;y,z)$
, c’est-à-dire,
Définissons deux fonctions arithmétiques
$v_{z}$
et
$u_{y}$
par
Alors
$v_{z}$
et
$u_{y}$
sont multiplicatives et on a
En fait, si
$n\not \in S(x;y,z)$
, il existe un premier
$p$
tel que
$p\mid n$
et
$z\leqslant p<y$
. D’où
Si
$n\in S(x;y,z)$
, alors cet entier peut être écrit de manière unique sous la forme
Ainsi
Donc pour démontrer le résultat souhaité, grâce au Lemme 3.1, il suffit de vérifier que les deux fonctions
$v_{z}$
et
$u_{y}$
possèdent les propriétés
$(\mathscr{A})$
,
$(\mathscr{B})$
et
$(\mathscr{C})$
.
La première est triviale.
Soient
$D>0$
,
$1<q\leqslant (\log x)^{D}$
et
$c_{0},c_{1},c_{2}$
des constantes strictement positives, alors pour tout caractère de Dirichlet
$\unicode[STIX]{x1D712}$
non principal modulo
$q$
, on a, d’après le Théorème 4 de [Reference Fouvry and Tenenbaum12]
sous la condition
De plus, si
$2\leqslant z<\exp \{c_{0}(\log _{2}x)^{2}\}$
, le Théorème III.5.1 de [Reference Tenenbaum20] implique trivialement que
Cela montre que
$v_{z}$
possède la propriété
$(\mathscr{B})$
pour
$2\leqslant z\leqslant x$
. De manière similaire, par le résultat de [Reference Xuan27, Theorem 1],
$u_{y}$
satisfait
$(\mathscr{B})$
pour
$\exp \{(\log x)^{2/5+\unicode[STIX]{x1D700}}\}\leqslant y\leqslant x^{1/2}.$
Si
$y>x^{1/2}$
,
$m$
est premier et on sait que
$u_{y}(m)$
satisfait
$(\mathscr{B})$
(voir [Reference Tenenbaum20]). Donc
$u_{y}$
satisfait
$(\mathscr{B})$
pour
On en déduit ensuite que
$v_{z}$
et
$u_{y}$
satisfont
$(\mathscr{C})$
en utilisant (3.4) et (3.5) du Lemme 3.2 respectivement. Finalement, à l’aide du Lemme 3.1 on déduit que
$\unicode[STIX]{x1D706}=v_{z}\ast u_{y}$
satisfait des propriétés
$(\mathscr{A})$
,
$(\mathscr{B})$
et
$(\mathscr{C})$
sous la condition
La Proposition 3.1 est ainsi démontrée. ◻
3.2 Théorème de type Bombieri–Vinogradov avec une fonction bien factorisable
Pour un entier positif
$k$
, on définit
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{k}(n)$
par
Une fonction arithmétique
$\unicode[STIX]{x1D706}(q)$
est dite de niveau
$Q$
et d’ordre
$k$
si
On dit que
$\unicode[STIX]{x1D706}$
est bien factorisable de niveau
$Q$
si pour toute décomposition
$Q=Q_{1}Q_{2}$
avec
$Q_{1},Q_{2}\geqslant 1$
, il existe deux fonctions arithmétiques
$\unicode[STIX]{x1D706}_{1},\unicode[STIX]{x1D706}_{2}$
de niveaux
$Q_{1},Q_{2}$
et d’ordre
$k$
telles que
Pour
$q\in \mathbb{N}^{\ast }$
et
$(a,q)=1$
, on définit
pour
$\ell =1$
, on retrouve
$\unicode[STIX]{x1D70B}(x;a,q)$
la fonction de compte des nombres premiers dans les progressions arithmétiques.
Le théorème de Bombieri–Vinogradov assure que
$\unicode[STIX]{x1D70B}(x;a,q)$
est proche de
$\text{li}(x)/\unicode[STIX]{x1D711}(q)$
en moyenne pour
$q\leqslant x^{1/2}=(\log x)^{A}$
. Fouvry et Iwaniec [Reference Fouvry and Iwaniec11] puis Fouvry [Reference Fouvry10] montrent que la borne
$q\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{A}$
peut être remplacée par
$x^{\unicode[STIX]{x1D703}-\unicode[STIX]{x1D700}}$
(avec
$\unicode[STIX]{x1D703}=9/17$
dans [Reference Fouvry and Iwaniec11] puis
$\unicode[STIX]{x1D703}=17/32$
dans [Reference Fouvry10]), si on insère un poids bien factorisable. C’est la première fois que la barrière
$q\leqslant x^{1/2}=(\log x)^{A}$
est franchie. Bombieri, Friedlander et Iwaniec [Reference Bombieri, Friedlander and Iwaniec3] obtiennent ensuite un tel résultat avec une borne
$q\leqslant x^{4/7-\unicode[STIX]{x1D700}}$
. Nous présentons ici une légère généralisation du résultat de [Reference Bombieri, Friedlander and Iwaniec3].
Proposition 3.2. Soient
$a\in \mathbb{Z}^{\ast }$
,
$A>0$
et
$\unicode[STIX]{x1D700}>0$
. Alors pour toute fonction bien factorisable
$\unicode[STIX]{x1D706}(q)$
de niveau
$Q$
, la majoration suivante
$$\begin{eqnarray}\mathop{\sum }_{(a,q)=1}\unicode[STIX]{x1D706}(q)\mathop{\sum }_{\substack{ L_{1}\leqslant \ell \leqslant L_{2} \\ (\ell ,q)=1}}\biggl(\unicode[STIX]{x1D70B}(x;\ell ,a,q)-\frac{\text{li}(x/\ell )}{\unicode[STIX]{x1D711}(q)}\biggr)\ll _{a,A,\unicode[STIX]{x1D700}}\frac{x}{(\log x)^{A}}\end{eqnarray}$$
ait lieu pour
La constante implicite dépend au plus de
$a$
,
$A$
et
$\unicode[STIX]{x1D700}$
.
Démonstration.
On remplace d’abord
$\unicode[STIX]{x1D70B}(t)$
par
$\sum _{m\leqslant t}\unicode[STIX]{x1D6EC}(m)$
en utilisant une intégration par parties. Puis en observant que la contribution des
$n$
tels que
$(n,qP(z))\neq 1$
est négligeable, on vérifie qu’il suffit de montrer
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & & \displaystyle \mathop{\sum }_{(a,q)=1}\unicode[STIX]{x1D706}(q)\mathop{\sum }_{\substack{ L_{1}\leqslant \ell \leqslant L_{2} \\ (\ell ,q)=1}}\biggl(\mathop{\sum }_{\substack{ \ell n\leqslant x \\ \ell n\equiv a(\text{ mod}~q) \\ (n,P(z))=1}}\unicode[STIX]{x1D6EC}(n)-\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D711}(q)}\mathop{\sum }_{\substack{ \ell n\leqslant x \\ (n,qP(z))=1}}\unicode[STIX]{x1D6EC}(n)\biggr)\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad \ll _{a,A,\unicode[STIX]{x1D700}}\frac{x}{(\log x)^{A}}\end{eqnarray}$$
avec
$z=\exp (\log x/\log _{2}x)$
.
Puisque la démonstration est très proche de celle de [Reference Bombieri, Friedlander and Iwaniec3, Theorem 10], nous indiquons les points essentiels et les différences entre les deux démonstrations. Pour cela, on introduit
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6E5}(L\mid M_{1},\ldots ,M_{j}\mid N_{1},\ldots ,N_{j};q,a)\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad :=\sum _{\substack{ \ell m_{1}\cdots m_{j}n_{1}\cdots n_{j}\equiv a(\text{mod}~q) \\ \ell \in \mathscr{L},m_{i}\in \mathscr{M}_{i},n_{i}\in \mathscr{N}_{i}}}\unicode[STIX]{x1D707}(m_{1})\cdots \unicode[STIX]{x1D707}(m_{j})\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \qquad -\,\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D711}(q)}\sum _{\substack{ (\ell m_{1}\cdots m_{j}n_{1}\cdots n_{j},q)=1 \\ \ell \in \mathscr{L},m_{i}\in \mathscr{M}_{i},n_{i}\in \mathscr{N}_{i}}}\unicode[STIX]{x1D707}(m_{1})\cdots \unicode[STIX]{x1D707}(m_{j}),\nonumber\end{eqnarray}$$
où
$\sum ^{\ast }$
désigne que la somme est restreinte à des entiers
$m_{1},\ldots ,m_{j},n_{1},\ldots ,n_{j}$
sans facteur premier
${<}z$
, et
$\mathscr{L},\mathscr{M}_{i},\mathscr{N}_{i}$
sont les intervalles suivants
avec
et
$\unicode[STIX]{x1D6E5}=(\log x)^{-A_{1}}$
(
$A_{1}$
est une constante assez grande dépendant de
$A$
).
Dans la démonstration de [Reference Bombieri, Friedlander and Iwaniec3, Theorem 10], on remplace, pour
$j\leqslant J=7$
,
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & & \displaystyle \mathscr{E}(M_{1},\ldots ,M_{j}\mid N_{1},\ldots ,N_{j})\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad :=\sum _{(a,q_{1}q_{2})=1}\unicode[STIX]{x1D6FE}_{q_{1}}\unicode[STIX]{x1D6FF}_{q_{2}}\,\unicode[STIX]{x1D6E5}(M_{1},\ldots ,M_{j}\mid N_{1},\ldots ,N_{j};q_{1}q_{2},a)\nonumber\end{eqnarray}$$
par
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & & \displaystyle \mathscr{E}(L\mid M_{1},\ldots ,M_{j}\mid N_{1},\ldots ,N_{j})\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad :=\sum _{(a,q_{1}q_{2})=1}\unicode[STIX]{x1D6FE}_{q_{1}}\unicode[STIX]{x1D6FF}_{q_{2}}\,\unicode[STIX]{x1D6E5}(L\mid M_{1},\ldots ,M_{j}\mid N_{1},\ldots ,N_{j};q_{1}q_{2},a).\nonumber\end{eqnarray}$$
On va montrer que
pour tout
$A_{2}$
. Notons
avec
On utilise ensuite un argument combinatoire similaire à [Reference Bombieri, Friedlander and Iwaniec3, Theorem 10]. La différence est qu’on ne peut pas appliquer [Reference Bombieri, Friedlander and Iwaniec3, Theorem 1] et [Reference Bombieri, Friedlander and Iwaniec3, Theorem 2] à
$L=x^{\unicode[STIX]{x1D708}_{0}}$
, car on n’a pas toujours
$(\ell ,P(z))=1$
lorsque
$\ell \in \mathscr{L}$
. Pour surmonter cette difficulté, nous observons tout d’abord que, si
$\unicode[STIX]{x1D708}_{0}\geqslant {\textstyle \frac{3}{7}}$
, on peut appliquer le théorème 5 de [Reference Bombieri, Friedlander and Iwaniec3] avec
pour obtenir (3.9). Sinon, c’est-à-dire, dans le cas où
$\unicode[STIX]{x1D708}_{0}<{\textstyle \frac{3}{7}}$
, on utilise le théorème 1 ou 2 de [Reference Bombieri, Friedlander and Iwaniec3] avec
selon
ou
Si (3.10) a une somme partielle
$\unicode[STIX]{x1D706}$
de
$\unicode[STIX]{x1D707}_{1},\ldots ,\unicode[STIX]{x1D707}_{j},\unicode[STIX]{x1D708}_{1},\ldots ,\unicode[STIX]{x1D708}_{j}$
avec
on complète la preuve d’après (3.11) ou (3.12). Sinon, on peut supposer qu’il n’y a pas de somme partielle de
$\unicode[STIX]{x1D707}_{1},\ldots ,\unicode[STIX]{x1D707}_{j},\unicode[STIX]{x1D708}_{1},\ldots ,\unicode[STIX]{x1D708}_{j}$
de (3.10) dans (3.11) ou (3.12). Ainsi, toutes les
$\unicode[STIX]{x1D707}_{i}$
et
$\unicode[STIX]{x1D708}_{i}$
avec
$\unicode[STIX]{x1D708}_{i}\leqslant {\textstyle \frac{1}{7}}$
donnent un produit
$\unicode[STIX]{x1D702}$
avec
d’où l’on peut déduire que
On a ainsi
$\unicode[STIX]{x1D708}_{1}\geqslant {\textstyle \frac{3}{7}}$
. En utilisant [Reference Bombieri, Friedlander and Iwaniec3, Theorem
$5^{\ast }$
] avec
nous terminons la démonstration de la Proposition 3.2. ◻
Le lemme suivant, dû à Pan et al [Reference Pan, Ding and Wang18], sera aussi utile dans la démonstration du Théorème 2.
Lemme 3.3. Soient
$\unicode[STIX]{x1D6FC}\in ]\!0,1\![$
et
$f(\ell )$
une fonction arithmétique vérifiant
$|f(\ell )|\leqslant 1$
. Alors pour tout
$A>0$
, il existe une constante
$B=B(A)>0$
telle que l’on ait
$$\begin{eqnarray}\mathop{\sum }_{q\leqslant Q}\,\max _{(a,q)=1}\,\max _{y\leqslant x}\,\biggl|\mathop{\sum }_{\substack{ L_{1}<\ell \leqslant L_{2} \\ (\ell ,q)=1}}f(\ell )\biggl(\unicode[STIX]{x1D70B}(y;\ell ,a,q)-\frac{\text{li}(y/\ell )}{\unicode[STIX]{x1D711}(q)}\biggr)\biggr|\ll _{\unicode[STIX]{x1D6FC},A}\frac{x}{(\log x)^{A}}\end{eqnarray}$$
uniformément pour
où la constante implicite ne dépend que de
$\unicode[STIX]{x1D6FC}$
et
$A$
.
4 Démonstration du Théorème 1 : cas des
$n$
tels que
$P^{+}(n-1)>P^{+}(n)<P^{+}(n+1)$
Soit
$y=x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}$
où
$0<\unicode[STIX]{x1D6FC}<\frac{1}{4}$
est un paramètre à choisir plus tard. Il est clair que
où
$S(x,y)$
et
$P(x,y)$
sont définis respectivement par (2.5) et (2.1).
Pour
$n\leqslant x$
et
$z<y$
, on a
$$\begin{eqnarray}\unicode[STIX]{x1D714}(n;y,z):=\mathop{\sum }_{\substack{ z<p\leqslant y \\ p\mid n}}1\leqslant \frac{\log x}{\log z},\end{eqnarray}$$
d’où
Ainsi on peut détecter les conditions
$(n\pm 1,P(x,y))>1$
dans la formule (4.1) par (4.3) :
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P^{+}(n-1)>P^{+}(n)<P^{+}(n+1)}}1 & {\geqslant} & \displaystyle \mathop{\sum }_{n\in S(x,y)}\frac{\unicode[STIX]{x1D714}(n-1;x,y)}{(\log x/\log \,y)}\cdot \frac{\unicode[STIX]{x1D714}(n+1;x,y)}{(\log x/\log \,y)}\nonumber\\ \displaystyle & {\geqslant} & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FC}^{2}\sum _{\substack{ p_{1}p_{2}\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B} \\ p_{1}\not =p_{2}}}\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x,y) \\ n\equiv 1\,(\text{mod}~p_{1}) \\ n\equiv -1\,(\text{mod}~p_{2})}}1\end{eqnarray}$$
où
$B$
est une constante convenable. Pour la somme intérieure du membre de droite, on utilise le théorème des restes chinois. Il existe un entier
$a(p_{1},p_{2})$
dépendant de
$p_{1},p_{2}$
tel que les congruences
$n\equiv 1\,(\text{mod}~p_{1})$
,
$n\equiv -1\,(\text{mod}~p_{2})$
soient équivalents à
$n\equiv a(p_{1},p_{2})\,(\text{mod}~p_{1}p_{2})$
. Pour des commodités d’écriture, on écrit
$a=a(p_{1},p_{2})$
dans la suite. On en déduit donc
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P^{+}(n-1)>P^{+}(n)<P^{+}(n+1)}}1 & {\geqslant} & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FC}^{2}\sum _{\substack{ p_{1}p_{2}\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B} \\ p_{1}\not =p_{2}}}~\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x,y) \\ n\equiv a(\text{mod}~p_{1}p_{2})}}1\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FC}^{2}({\mathcal{S}}_{1}+{\mathcal{S}}_{2}),\end{eqnarray}$$
où (avec la notation (2.6))
$$\begin{eqnarray}\displaystyle {\mathcal{S}}_{1} & := & \displaystyle \sum _{\substack{ p_{1}p_{2}\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B} \\ p_{1}\not =p_{2}}}\frac{\unicode[STIX]{x1D6F9}_{p_{1}p_{2}}(x,y)}{\unicode[STIX]{x1D711}(p_{1}p_{2})},\nonumber\\ \displaystyle {\mathcal{S}}_{2} & := & \displaystyle \sum _{\substack{ p_{1}p_{2}\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B} \\ p_{1}\not =p_{2}}}\biggl(\unicode[STIX]{x1D6F9}(x,y;a,p_{1}p_{2})-\frac{\unicode[STIX]{x1D6F9}_{p_{1}p_{2}}(x,y)}{\unicode[STIX]{x1D711}(p_{1}p_{2})}\biggr).\nonumber\end{eqnarray}$$
Pour
${\mathcal{S}}_{2}$
, en utilisant l’inégalité de Cauchy–Schwarz on obtient
où
$$\begin{eqnarray}\displaystyle {\mathcal{S}}_{21} & := & \displaystyle \mathop{\sum }_{q\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B}}\biggl|\unicode[STIX]{x1D6F9}(x,y;a,q)-\frac{\unicode[STIX]{x1D6F9}_{q}(x,y)}{\unicode[STIX]{x1D711}(q)}\biggr|,\nonumber\\ \displaystyle {\mathcal{S}}_{22} & := & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ q\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B} \\ \unicode[STIX]{x1D6FA}(q)\leqslant 2}}\unicode[STIX]{x1D70F}(q)^{2}\biggl|\unicode[STIX]{x1D6F9}(x,y;a,q)-\frac{\unicode[STIX]{x1D6F9}_{q}(x,y)}{\unicode[STIX]{x1D711}(q)}\biggr|.\nonumber\end{eqnarray}$$
Ici
$\unicode[STIX]{x1D6FA}(n)$
est la fonction dénombrant le nombre total des facteurs premiers de
$n$
comptés avec leur ordre de multiplicité.
Pour
${\mathcal{S}}_{22}$
on utilise une majoration triviale :
et pour
${\mathcal{S}}_{21}$
on applique le Lemme 3.2. Cela donne
$$\begin{eqnarray}\displaystyle {\mathcal{S}}_{2} & \ll & \displaystyle \biggl(\frac{x}{(\log x)^{A}}\biggr)^{1/2}\biggl\{\mathop{\sum }_{q\leqslant x^{1/2}}\unicode[STIX]{x1D70F}(q)^{2}\,\biggl(\frac{x}{q}+1\biggr)\biggr\}^{1/2}\nonumber\\ \displaystyle & \ll & \displaystyle \frac{x}{(\log x)^{A/2-3}}.\end{eqnarray}$$
Dans
${\mathcal{S}}_{1}$
on peut retirer la condition
$p_{1}\neq p_{2}$
au prix d’une erreur inférieure à :
On évalue ensuite
${\mathcal{S}}_{1}$
à l’aide du Lemme 2.4 sur les entiers friables.
$$\begin{eqnarray}\displaystyle {\mathcal{S}}_{1} & = & \displaystyle \sum _{\substack{ p_{1}p_{2}\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B}}}\frac{\unicode[STIX]{x1D6F9}_{p_{1}p_{2}}(x,y)}{\unicode[STIX]{x1D711}(p_{1}p_{2})}+o(x)\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle x\unicode[STIX]{x1D70C}\biggl(\frac{\log x}{\log y}\biggr)\mathop{\sum }_{y<p_{1}\leqslant x^{1/2}/y(\log x)^{B}}\frac{1}{p_{1}}\mathop{\sum }_{y<p_{2}\leqslant x^{1/2}/p_{1}(\log x)^{B}}\frac{1}{p_{2}}+o(x)\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle x\unicode[STIX]{x1D70C}\biggl(\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\biggr)\mathop{\sum }_{y<p_{1}\leqslant x^{1/2}/y(\log x)^{B}}\frac{1}{p_{1}}\log \biggl(\frac{\frac{1}{2}\log x-\log p_{1}}{\log y}\biggr)+o(x),\nonumber\end{eqnarray}$$
où on a appliqué la formule suivante
avec
$c_{1}\approx \text{0,261497}$
la constante de Meissel–Mertens. Par une intégration par parties, on a
$$\begin{eqnarray}\displaystyle {\mathcal{S}}_{1} & = & \displaystyle x\unicode[STIX]{x1D70C}\biggl(\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\biggr)\int _{y}^{x^{1/2}/(y(\log x)^{B})}\log \biggl(\frac{\frac{1}{2}\log x-\log t}{\log y}\biggr)\,d\mathop{\sum }_{p\leqslant t}\frac{1}{p}+o(x)\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle x\unicode[STIX]{x1D70C}\biggl(\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\biggr)\int _{y}^{x^{1/2}/(y(\log x)^{B})}\log \biggl(\frac{\frac{1}{2}-(\log t)/(\log x)}{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\biggr)\frac{dt}{t\log t}+o(x)\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle x\unicode[STIX]{x1D70C}\biggl(\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\biggr)\unicode[STIX]{x1D6FC}\int _{1}^{1/(2\unicode[STIX]{x1D6FC})-1}\frac{\log t}{\frac{1}{2}-\unicode[STIX]{x1D6FC}t}\,dt+o(x).\end{eqnarray}$$
En reportant (4.7) et (4.6) dans (4.5), on déduit que
$$\begin{eqnarray}\mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P^{+}(n-1)>P^{+}(n)<P^{+}(n+1)}}1\geqslant \biggl\{\unicode[STIX]{x1D70C}\biggl(\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\biggr)\unicode[STIX]{x1D6FC}^{3}\int _{1}^{1/(2\unicode[STIX]{x1D6FC})-1}\frac{\log t}{\frac{1}{2}-\unicode[STIX]{x1D6FC}t}\,dt+o(1)\biggr\}x.\end{eqnarray}$$
À l’aide de Mathematica 9.0, on peut trouver la constante
$\text{1,063}\times 10^{-7}$
avec
$\unicode[STIX]{x1D6FC}\approx \frac{1}{4,6}$
. La preuve du Théorème 1 est complète.
5 Démonstration du Théorème 1 : cas des
$n$
tels que
$P^{+}(n-1)<P^{+}(n)>P^{+}(n+1)$
Soient
$\unicode[STIX]{x1D6FC},\unicode[STIX]{x1D6FD},\unicode[STIX]{x1D6FE}$
tels que
trois paramètres à choisir plus tard. Étant donnés un entier
$m$
et deux nombres premiers distincts
$p_{1}$
et
$p_{2}$
vérifiant
on considère le système d’équations de congruences :
On remarque que les conditions (5.1) et (5.2) garantissent que
$(p_{1}p_{2},m)=1$
et
$(m,p)\rightarrow mp$
est injectif. D’après le théorème chinois, il existe
$b<p_{1}p_{2}$
(dépendant de
$m$
) tel que
Pour ces
$m$
et
$p>x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}$
, on peut donc déduire que
De même,
Ce qui implique
Ainsi, en reprenant les poids
$\unicode[STIX]{x1D714}(n;y,z)$
définis par (4.2), on a d’après (4.3),
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P^{+}(n-1)<P^{+}(n)>P^{+}(n+1) \\ x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}<P^{+}(n)\leqslant x}}1\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad \geqslant \mathop{\sum }_{m\leqslant x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}\,\mathop{\sum }_{x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}<p\leqslant x/m}\frac{\unicode[STIX]{x1D714}(mp-1;x^{\unicode[STIX]{x1D6FE}},x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}})}{(\log x/\log \,x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}})}\cdot \frac{\unicode[STIX]{x1D714}(mp+1;x^{\unicode[STIX]{x1D6FE}},x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}})}{(\log x/\log \,x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}})}\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad =\unicode[STIX]{x1D6FD}^{2}\mathop{\sum }_{m\leqslant x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}\,\mathop{\sum }_{x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}<p\leqslant x/m}\mathop{\sum }_{\substack{ x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}}<p_{1}\leqslant x^{\unicode[STIX]{x1D6FE}} \\ mp-1\equiv 0\,(\text{mod}~p_{1})}}\,\mathop{\sum }_{\substack{ x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}}<p_{2}\leqslant x^{\unicode[STIX]{x1D6FE}} \\ mp+1\equiv 0\,(\text{mod}~p_{2})}}1\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad =\unicode[STIX]{x1D6FD}^{2}\mathop{\sum }_{m\leqslant x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}\,\sum _{\substack{ x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}}<p_{1},p_{2}\leqslant x^{\unicode[STIX]{x1D6FE}} \\ p_{1}\neq p_{2}}}\mathop{\sum }_{\substack{ x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}<p\leqslant x/m \\ mp-1\equiv 0\,(\text{mod}~p_{1}) \\ mp+1\equiv 0\,(\text{mod}~p_{2})}}1.\nonumber\end{eqnarray}$$
D’après (5.3) et (5.4), on a donc
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P^{+}(n-1)<P^{+}(n)>P^{+}(n+1) \\ x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}<P^{+}(n)\leqslant x}}1 & {\geqslant} & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FD}^{2}\mathop{\sum }_{m\leqslant x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}\,\sum _{\substack{ x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}}<p_{1},p_{2}\leqslant x^{\unicode[STIX]{x1D6FE}} \\ p_{1}\neq p_{2}}}\mathop{\sum }_{\substack{ x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}<p\leqslant x/m \\ p\equiv b\,(\text{mod}\,p_{1}p_{2})}}1\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \mathbb{S}_{1}+\mathbb{S}_{2},\end{eqnarray}$$
où
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathbb{S}_{1} & := & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FD}^{2}\mathop{\sum }_{m\leqslant x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}\,\sum _{\substack{ x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}}<p_{1},p_{2}\leqslant x^{\unicode[STIX]{x1D6FE}} \\ p_{1}\neq p_{2}}}\frac{\unicode[STIX]{x1D70B}(x/m)-\unicode[STIX]{x1D70B}(x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}})}{\unicode[STIX]{x1D711}(p_{1}p_{2})},\nonumber\\ \displaystyle \mathbb{S}_{2} & := & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FD}^{2}\mathop{\sum }_{m\leqslant x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}\,\sum _{\substack{ x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}}<p_{1},p_{2}\leqslant x^{\unicode[STIX]{x1D6FE}} \\ p_{1}\neq p_{2}}}\biggl\{\biggl(\unicode[STIX]{x1D70B}(x/m;b,p_{1}p_{2})-\frac{\unicode[STIX]{x1D70B}(x/m)}{\unicode[STIX]{x1D711}(p_{1}p_{2})}\biggr)\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle -\biggl(\unicode[STIX]{x1D70B}(x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}};b,p_{1}p_{2})-\frac{\unicode[STIX]{x1D70B}(x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}})}{\unicode[STIX]{x1D711}(p_{1}p_{2})}\biggr)\biggr\}.\nonumber\end{eqnarray}$$
On majore
$\mathbb{S}_{2}$
en utilisant le théorème de Bombieri–Vinogradov [Reference Bombieri2, Reference Vinogradov24] qui est le cas du Lemme 3.3 avec
$l=1$
. On impose une condition sur
$\unicode[STIX]{x1D6FE}$
et
$\unicode[STIX]{x1D6FC}$
:
En effet, on peut étendre la condition (5.6) à
$2\unicode[STIX]{x1D6FE}<\frac{1}{2}$
en utilisant le théorème de Bombieri–Vinogradov pour la convolution
$\unicode[STIX]{x1D6EC}\ast \unicode[STIX]{x1D7D9}_{[1,x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}]}$
, où
grâce à une remarque du rapporteur. Un même argument est aussi valable pour la condition (7.1) ci-dessous. On ne poursuit pas ici un gain quantitatif, car il est petit. On en déduit, en combinant les conditions (5.1) et (5.6)
En procédant de manière similaire à l’estimation de
${\mathcal{S}}_{2}$
dans (4.6), c’est-à-dire, à l’aide de l’inégalité de Cauchy–Schwarz et le théorème de Bombieri–Vinogradov, on obtient pour tout
$A>0$
Puis pour
$\mathbb{S}_{1}$
, on utilise le théorème des nombres premiers :
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathbb{S}_{1} & = & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FD}^{2}\mathop{\sum }_{m\leqslant x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}\biggl(\unicode[STIX]{x1D70B}\biggl(\frac{x}{m}\biggr)-\unicode[STIX]{x1D70B}(x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}})\biggr)\,\sum _{\substack{ x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}}<p_{1},p_{2}\leqslant x^{\unicode[STIX]{x1D6FE}} \\ p_{1}\neq p_{2}}}\frac{1}{(p_{1}-1)(p_{2}-1)}\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FD}^{2}\mathop{\sum }_{m\leqslant x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}\frac{x+o(x)}{m\log (x/m)}\,\sum _{x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}}<p_{1},p_{2}\leqslant x^{\unicode[STIX]{x1D6FE}}}\frac{1}{p_{1}p_{2}}+O\biggl(\frac{x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FD}}}{\log x}+\mathop{\sum }_{m\leqslant x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}\frac{x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}}{\log x}\biggr)\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle x\biggl(\unicode[STIX]{x1D6FD}\log \frac{\unicode[STIX]{x1D6FE}}{\unicode[STIX]{x1D6FD}}\biggr)^{2}\int _{1}^{x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}\frac{dt}{t(\log x-\log t)}+o(x)\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle x\biggl(\unicode[STIX]{x1D6FD}\log \frac{\unicode[STIX]{x1D6FE}}{\unicode[STIX]{x1D6FD}}\biggr)^{2}\log \frac{1}{\unicode[STIX]{x1D6FC}}+o(x).\nonumber\end{eqnarray}$$
À l’aide de Mathematica 9.0, on obtient
$$\begin{eqnarray}\widetilde{s_{1}}:=\max _{\substack{ \frac{4}{5}<\unicode[STIX]{x1D6FC}<1 \\ 1-\unicode[STIX]{x1D6FC}<\unicode[STIX]{x1D6FD}<\unicode[STIX]{x1D6FE}<\unicode[STIX]{x1D6FC}/4}}\biggl(\unicode[STIX]{x1D6FD}\log \frac{\unicode[STIX]{x1D6FE}}{\unicode[STIX]{x1D6FD}}\biggr)^{2}\log \frac{1}{\unicode[STIX]{x1D6FC}}=\biggl(\unicode[STIX]{x1D6FD}^{\prime }\log \frac{\unicode[STIX]{x1D6FE}^{\prime }}{\unicode[STIX]{x1D6FD}^{\prime }}\biggr)^{2}\log \frac{1}{\unicode[STIX]{x1D6FC}^{\prime }}>7\times 10^{-4}\end{eqnarray}$$
avec
Ainsi, on obtient
$$\begin{eqnarray}\mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P^{+}(n-1)<P^{+}(n)>P^{+}(n+1) \\ x^{0,895}<P^{+}(n)\leqslant x}}1>7\times 10^{-4}x.\end{eqnarray}$$
De manière similaire, on peut montrer que
$$\begin{eqnarray}\mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P^{+}(n-1)<P^{+}(n)>P^{+}(n+1) \\ x^{0,858}<P^{+}(n)\leqslant x^{0,895}}}1>\text{1,44}\times 10^{-4}x\end{eqnarray}$$
et
$$\begin{eqnarray}\mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P^{+}(n-1)<P^{+}(n)>P^{+}(n+1) \\ x^{0,835}<P^{+}(n)\leqslant x^{0,858}}}1>4\times 10^{-5}x.\end{eqnarray}$$
En combinant les minorantions (5.10), (5.11) et (5.12), on obtient finalement l’estimation
$$\begin{eqnarray}\mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P^{+}(n-1)<P^{+}(n)>P^{+}(n+1) \\ x^{0,835}<P^{+}(n)\leqslant x}}1>\text{8,84}\times 10^{-4}x.\end{eqnarray}$$
Ce qui implique le résultat.
6 Démonstration du Théorème 3
Sans perte de la généralité, on peut supposer que
$j_{0}=0,$
c’est-à-dire,
Soient
$y:=x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}$
avec
La méthode est analogue à la preuve de (1.6). On considère les entiers
$y$
-friables
$n$
tels que
$P^{+}(n+j)>y$
:
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P^{+}(n)=\min _{0\leqslant j\leqslant J-1}P^{+}(n+j)}}1 & {\geqslant} & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x,y) \\ (n+j,P(x,y))>1 \\ \text{for all}\,1\leqslant j\leqslant J-1}}1\nonumber\\ \displaystyle & {\geqslant} & \displaystyle \mathop{\sum }_{n\in S(x,y)}\frac{\unicode[STIX]{x1D714}(n+1;x,y)}{(\log x/\log \,y)}\cdots \frac{\unicode[STIX]{x1D714}(n+J-1;x,y)}{(\log x/\log \,y)}\nonumber\\ \displaystyle & {\geqslant} & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FC}^{J-1}\sum _{p_{i}\not =p_{j}\;(i\not =j)}\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x,y) \\ n\equiv -j\,(\text{mod}~p_{j}) \\ j=1,2,\ldots ,J-1}}1,\nonumber\end{eqnarray}$$
où
$Y:=(x^{1/2}/(\log x)^{B})^{1/(J-1)}$
.
D’après le théorème des restes chinois, il existe un entier
$a$
tel que les congruences de la somme intérieur du membre de droite s’écrivent sous la forme
$n\equiv a(\text{mod}~p_{1}\cdots p_{J-1})$
car
$p_{1},\ldots ,p_{J-1}$
sont premiers entre eux. On a donc
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P^{+}(n)=\min _{0\leqslant j\leqslant J-1}P^{+}(n+j)}}1 & {\geqslant} & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FC}^{J-1}\sum _{p_{i}\not =p_{j}\;(i\not =j)}\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x,y) \\ n\equiv a(\text{mod}~p_{1}\cdots p_{J-1})}}1\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FC}^{J-1}({\mathcal{S}}_{3}+{\mathcal{S}}_{4}),\end{eqnarray}$$
où
$$\begin{eqnarray}\displaystyle {\mathcal{S}}_{3} & := & \displaystyle \sum _{p_{i}\not =p_{j}\;(i\not =j)}\frac{\unicode[STIX]{x1D6F9}_{p_{1}\cdots p_{J-1}}(x,y)}{\unicode[STIX]{x1D711}(p_{1}\cdots p_{J-1})},\nonumber\\ \displaystyle {\mathcal{S}}_{4} & := & \displaystyle \sum _{p_{i}\not =p_{j}\;(i\not =j)}\biggl(\unicode[STIX]{x1D6F9}(x,y;a,p_{1}\cdots p_{J-1})-\frac{\unicode[STIX]{x1D6F9}_{p_{1}\cdots p_{J-1}}(x,y)}{\unicode[STIX]{x1D711}(p_{1}\cdots p_{J-1})}\biggr).\nonumber\end{eqnarray}$$
La somme
${\mathcal{S}}_{4}$
se majore de la même façon que
${\mathcal{S}}_{2}$
, en utilisant l’inégalité de Cauchy–Schwarz et le Lemme 3.2 :
Pour
${\mathcal{S}}_{3}$
, la condition
$p_{i}\neq p_{j}\,(i\neq j)$
peut être supprimée, car la contribution des puissances de nombres premiers est négligeable (puisque tous les
$p_{j}>y$
). On a donc
$$\begin{eqnarray}\displaystyle {\mathcal{S}}_{3} & = & \displaystyle x\unicode[STIX]{x1D70C}\biggl(\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\biggr)\sum \frac{1}{p_{J-1}}+o(x)\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle x\unicode[STIX]{x1D70C}\biggl(\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\biggr)\biggl(\log \frac{1}{2\unicode[STIX]{x1D6FC}(J-1)}\biggr)^{J-1}+o(x).\end{eqnarray}$$
On peut donc déduire que, par (6.1) (6.2) et (6.3)
où
La fonction
$\unicode[STIX]{x1D6FC}\mapsto f(J,\unicode[STIX]{x1D6FC})$
est continue et strictement positive sur
$]\!0,1/(2(J-1))\![$
et
Il existe donc un
$\unicode[STIX]{x1D6FC}_{0}\in ]\!0,1/(2(J-1))\![$
tel que
Ce qui achève la démonstration du Théorème 3.
7 Démonstration du Théorème 4
Comme (1.6) du Théorème 1 et le Théorème 3, la démonstration du Théorème 4 suit le même fil que celle de (1.7) du Théorème 1.
Pour
$J\in \mathbb{Z}$
,
$J\geqslant 3$
, on peut supposer, sans perte de généralité, que
$j_{0}=0$
, i.e.
Soient
$\unicode[STIX]{x1D6FC},\unicode[STIX]{x1D6FD},\unicode[STIX]{x1D6FE}$
tels que
trois paramètres à choisir plus tard. Étant donnés un entier
$m$
et
$J-1$
nombres premiers distincts
$p_{1},\ldots ,p_{J-1}$
vérifiant
on considère le système d’équations de congruences :
$$\begin{eqnarray}\begin{array}{@{}rcl@{}}mp+1\ & \equiv \ & 0\,(\text{mod}~p_{1}),\\ mp+2\ & \equiv \ & 0\,(\text{mod}~p_{2}),\\ \ & \vdots \ & \\ mp+J-1\ & \equiv \ & 0\,(\text{mod}~p_{J-1}).\end{array}\end{eqnarray}$$
En remarquant que la condition (7.1) garantit que
$p_{j}\nmid m$
pour
$1\leqslant j\leqslant J-1$
, par le théorème chinois et (7.3), il existe
$b<p_{1}p_{2}\cdots p_{J-1}$
tel que (7.3) soit équivalent à
Pour ces
$m$
et
$p>x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}$
, il est facile de voir que
On a donc
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P^{+}(n)=\max _{0\leqslant j\leqslant J-1}P^{+}(n+j)}}1\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad \geqslant \mathop{\sum }_{m\leqslant x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}\,\mathop{\sum }_{x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}<p\leqslant x/m}\,\mathop{\prod }_{1\leqslant j\leqslant J-1}\frac{\unicode[STIX]{x1D714}(mp+j;x^{\unicode[STIX]{x1D6FE}},x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}})}{(\log x/\log \,x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}})}\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad =\unicode[STIX]{x1D6FD}^{J-1}\mathop{\sum }_{m\leqslant x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}\sum _{\substack{ x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}}<p_{1},\ldots ,p_{J-1}\leqslant x^{\unicode[STIX]{x1D6FE}} \\ p_{1},\ldots ,p_{J-1}\text{ sont distincts}}}\;\mathop{\sum }_{\substack{ x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}<p\leqslant x/m \\ p\equiv b\,(\text{mod}~p_{1}p_{2}\cdots p_{J-1})}}1.\nonumber\end{eqnarray}$$
Comme pour (6.3), la condition que
$p_{1},\ldots ,p_{J-1}$
soient distincts peut être supprimée puisque tous les
$p_{j}>x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}}$
. En remarquant que
$p_{1}\cdots p_{J-1}\leqslant x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}/2}$
, on peut appliquer le théorème de Bombieri–Vinogradov (voir le Lemme 3.3 ci-dessus)
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P^{+}(n)=\max _{0\leqslant j\leqslant J-1}P^{+}(n+j)}}1\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad \geqslant \unicode[STIX]{x1D6FD}^{J-1}\mathop{\sum }_{m\leqslant x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}\sum _{x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}}<p_{1},\ldots ,p_{J-1}\leqslant x^{\unicode[STIX]{x1D6FE}}}\frac{\unicode[STIX]{x1D70B}(x/m)-\unicode[STIX]{x1D70B}(x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}})}{\unicode[STIX]{x1D711}(p_{1}p_{2}\cdots p_{J-1})}+O\biggl(\frac{x}{(\log x)^{A}}\biggr)\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad =x\biggl(\unicode[STIX]{x1D6FD}\log \frac{\unicode[STIX]{x1D6FE}}{\unicode[STIX]{x1D6FD}}\biggr)^{J-1}\log \frac{1}{\unicode[STIX]{x1D6FC}}+o(x).\end{eqnarray}$$
Il est clair que la fonction continue
$(\unicode[STIX]{x1D6FC},\unicode[STIX]{x1D6FD},\unicode[STIX]{x1D6FE})\mapsto (\unicode[STIX]{x1D6FD}\log (\unicode[STIX]{x1D6FE}/\unicode[STIX]{x1D6FD}))^{J-1}\log (1/\unicode[STIX]{x1D6FC})$
est strictement positive et on peut prendre
ce qui achève la démonstration du Théorème 4.
8 Démonstration du Théorème 2 avec
$0<\unicode[STIX]{x1D6FC}\leqslant 1/2$
Soient
$y=x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}$
et
$z=x^{\unicode[STIX]{x1D6FD}}$
avec
$0<\unicode[STIX]{x1D6FD}<\unicode[STIX]{x1D6FC}\leqslant \frac{1}{2}$
. Comme précédemment, on peut écrire
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P_{y}^{+}(n)<P_{y}^{+}(n+1)}}1 & {\geqslant} & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x;y,z) \\ (n+1,P(y,z))>1}}1\nonumber\\ \displaystyle & {\geqslant} & \displaystyle \mathop{\sum }_{n\in S(x;y,z)}\frac{\unicode[STIX]{x1D714}(n+1;y,z)}{(\log x/\log \,z)}\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FD}\mathop{\sum }_{z<p\leqslant y}\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x;y,z) \\ n\equiv -1\,(\text{mod}~p)}}1\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FD}(S_{1}+S_{2}),\end{eqnarray}$$
où
$$\begin{eqnarray}\displaystyle S_{1} & := & \displaystyle \mathop{\sum }_{z<p\leqslant y}\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D711}(p)}\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x;y,z) \\ (n,p)=1}}1\nonumber\\ \displaystyle S_{2} & := & \displaystyle \mathop{\sum }_{z<p\leqslant y}\biggl(\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x;y,z) \\ n\equiv -1\,(\text{mod}~p)}}1-\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D711}(p)}\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x;y,z) \\ (n,p)=1}}1\biggr).\nonumber\end{eqnarray}$$
Pour
$S_{1}$
, en appliquant le Lemme 2.2 avec
$u=1/\unicode[STIX]{x1D6FC}$
et
$\unicode[STIX]{x1D706}=\unicode[STIX]{x1D6FD}/\unicode[STIX]{x1D6FC}$
, on obtient pour
$\unicode[STIX]{x1D6FC}+\unicode[STIX]{x1D6FD}\leqslant 1$
$$\begin{eqnarray}\displaystyle S_{1} & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{z<p\leqslant y}\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D711}(p)}\mathop{\sum }_{n\in S(x;y,z)}1\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{z<p\leqslant y}\frac{1}{p-1}\cdot x\unicode[STIX]{x1D717}_{0}\biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FD}}{\unicode[STIX]{x1D6FC}},\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\biggr)\biggl\{1+O\biggl(\frac{1}{\log z}\biggr)\biggr\}\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle x\unicode[STIX]{x1D717}_{0}\biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FD}}{\unicode[STIX]{x1D6FC}},\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\biggr)\log \biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FC}}{\unicode[STIX]{x1D6FD}}\biggr)+o(x).\end{eqnarray}$$
Pour
$S_{2}$
, si
$y\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B}$
, où
$B=B(A)$
est une grande constante, on a en appliquant la Proposition 3.1
De plus, si
$x^{1/2}/(\log x)^{B}<y\leqslant x^{1/2}$
, une estimation triviale permet d’obtenir
$$\begin{eqnarray}\displaystyle S_{2} & \ll & \displaystyle \mathop{\sum }_{x^{1/2}/(\log x)^{B}<p\leqslant x^{1/2}}\biggl|\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x;y,z) \\ n\equiv -1\,(\text{mod}~p)}}1-\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D711}(p)}\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x;y,z) \\ (n,p)=1}}1\biggr|+\frac{x}{(\log x)^{A}}\nonumber\\ \displaystyle & \ll & \displaystyle x\mathop{\sum }_{x^{1/2}/(\log x)^{B}<p\leqslant x^{1/2}}\frac{1}{p}+\frac{x}{(\log x)^{A}}\nonumber\\ \displaystyle & \ll & \displaystyle \frac{x\log _{2}x}{\log x}.\end{eqnarray}$$
En reportant (8.2), (8.3) et (8.4) dans (8.1), on obtient pour
$0<\unicode[STIX]{x1D6FC}\leqslant \frac{1}{2}$
où
$C(\unicode[STIX]{x1D6FC})$
est définie par
et
$\unicode[STIX]{x1D717}_{0}$
est définie par (2.3). Ce qui achève la démonstration du Théorème 2 avec
$0<\unicode[STIX]{x1D6FC}\leqslant 1/2$
.
9 Démonstration du Théorème 2 avec
$1/2<\unicode[STIX]{x1D6FC}\leqslant 1$
9.1 Point de départ
Pour
$y=x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}$
avec
$\frac{1}{2}<\unicode[STIX]{x1D6FC}\leqslant 1$
et
$1-\unicode[STIX]{x1D6FC}\leqslant c\leqslant \frac{1}{2}$
, on peut écrire
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P_{y}^{+}(n)<P_{y}^{+}(n+1)}}1 & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ y\geqslant P^{+}(n+1)>x^{1-c}}}1\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle -\,\mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ y\geqslant P^{+}(n)>P^{+}(n+1)>x^{1-c}}}1+\mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P_{y}^{+}(n)<P_{y}^{+}(n+1)\leqslant x^{1-c}}}1\nonumber\\ \displaystyle & =: & \displaystyle \mathscr{S}_{A}-\mathscr{S}_{B}+\mathscr{S}_{C}.\end{eqnarray}$$
Il reste à maintenant minorer
$\mathscr{S}_{A}$
,
$\mathscr{S}_{C}$
et majorer
$\mathscr{S}_{B}$
.
9.2 Estimation de la somme
$\mathscr{S}_{A}$
Pour
$\mathscr{S}_{A}$
, d’après le Lemme 2.3, on a
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathscr{S}_{A} & = & \displaystyle x\biggl\{\unicode[STIX]{x1D70C}\biggl(\frac{\log x}{\log y}\biggr)-\unicode[STIX]{x1D70C}\biggl(\frac{\log x}{\log x^{1-c}}\biggr)\biggr\}+o(x)\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle x\biggl\{\unicode[STIX]{x1D70C}\biggl(\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\biggr)-\unicode[STIX]{x1D70C}\biggl(\frac{1}{1-c}\biggr)\biggr\}+o(x)\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle x\log \biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FC}}{1-c}\biggr)+o(x)\end{eqnarray}$$
pour
$\frac{1}{2}\leqslant 1-c\leqslant \unicode[STIX]{x1D6FC}\leqslant 1$
, où on a utilisé le fait que
$\unicode[STIX]{x1D70C}(u)=1-\log u\;(1\leqslant u\leqslant 2)$
.
9.3 Estimation de la somme
$\mathscr{S}_{B}$
Pour
$\mathscr{S}_{B}$
, on utilise le crible de Rosser–Iwaniec comme l’auteur l’a fait dans [Reference Wang25]. On observe tout d’abord que,
$\mathscr{S}_{B}$
compte le nombre des entiers
$n$
tels que
$n=ap=bp^{\prime }-1$
, avec
$x^{1-c}<p^{\prime }<p\leqslant y.$
On a ainsi
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathscr{S}_{B} & {\leqslant} & \displaystyle |\{n\leqslant x:n=ap=bp^{\prime }-1,x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<a<b\leqslant x^{c}\}|+o(x)\nonumber\\ \displaystyle & {\leqslant} & \displaystyle \mathop{\sum }_{x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<b\leqslant x^{c}}|\{n\in \mathscr{A}(b):n~\text{est premier}\}|+o(x),\nonumber\end{eqnarray}$$
où
On prend
${\mathcal{P}}=\{p:p~\text{est premier}\}$
, et on déduit que, pour
$b\leqslant x^{c}$
et
$d\mid P(z):=\prod _{p<z}p$
, où
$z$
sera explicité plus tard,
$$\begin{eqnarray}\displaystyle |\mathscr{A}_{d}(b)| & = & \displaystyle \biggl|\biggl\{\frac{ap+1}{b}:ap\leqslant x,x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<a<b,ap+1\equiv 0\,(\text{mod}~bd)\biggr\}\biggr|\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<a<b \\ (a,bd)=1}}~\frac{\text{li}(x/a)}{\unicode[STIX]{x1D711}(bd)}+\mathop{\sum }_{\substack{ x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<a<b \\ (a,bd)=1}}E(x/a;-\overline{a},bd),\end{eqnarray}$$
où
Pour la première somme du membre de droite de (9.3), en utilisant le théorème des nombres premiers et la formule d’inversion de Möbius, on a
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<a<b \\ (a,bd)=1}}~\frac{\text{li}(x/a)}{\unicode[STIX]{x1D711}(bd)}\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad =\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D711}(bd)}\mathop{\sum }_{\substack{ x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<a<b \\ (a,bd)=1}}~\frac{x}{a\log (x/a)}\biggl\{1+O\biggl(\frac{1}{\log x}\biggr)\biggr\}\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad =\{1+o(1)\}\frac{x}{\unicode[STIX]{x1D711}(bd)}\mathop{\sum }_{x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<a<b}\frac{1}{a\log (x/a)}\mathop{\sum }_{q\mid (a,bd)}\unicode[STIX]{x1D707}(q)\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad =\{1+o(1)\}\frac{x}{\unicode[STIX]{x1D711}(bd)}\mathop{\sum }_{q\mid bd}\frac{\unicode[STIX]{x1D707}(q)}{q}\mathop{\sum }_{x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<aq<b}\frac{1}{a\log (x/aq)}\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad =\{1+o(1)\}\frac{x}{\unicode[STIX]{x1D711}(bd)}\mathop{\sum }_{q\mid bd}\frac{\unicode[STIX]{x1D707}(q)}{q}\mathop{\sum }_{\max \{1,x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}/q\}<a<b/q}\frac{1}{a\log (x/aq)}.\end{eqnarray}$$
Désignons par
$\mathscr{S}(bd)$
la double somme de droite. Pour le cas
$\unicode[STIX]{x1D6FC}>1-(9\log \log x)/\log \,x$
, i.e.
$\unicode[STIX]{x1D6FC}$
proche de 1, on a
$x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<(\log x)^{9}$
et on découpe la somme sur
$q$
dans (9.4) en trois parties :
où
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathscr{S}_{1}(bd) & := & \displaystyle \mathop{\sum }_{q\mid bd,q\leqslant x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}\frac{\unicode[STIX]{x1D707}(q)}{q}\mathop{\sum }_{x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}/q<a<b/q}\frac{1}{a\log (x/aq)},\nonumber\\ \displaystyle \mathscr{S}_{2}(bd) & := & \displaystyle \mathop{\sum }_{q\mid bd,x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<q\leqslant (\log x)^{9}}\frac{\unicode[STIX]{x1D707}(q)}{q}\mathop{\sum }_{1<a<b/q}\frac{1}{a\log (x/aq)},\nonumber\end{eqnarray}$$
et nous avons déjà utilisé l’estimation triviale :
Pour
$\mathscr{S}_{1}(bd)$
et
$\mathscr{S}_{2}(bd)$
, on utilise une intégration par parties,
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathscr{S}_{1}(bd) & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ q\mid bd \\ q\leqslant x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}}\frac{\unicode[STIX]{x1D707}(q)}{q}\biggl\{\int _{x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}/q}^{b/q}\,\frac{dt}{t\log (x/tq)}+O\biggl(\frac{1}{\log x}\biggr)\biggr\}\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ q\mid bd \\ q\leqslant x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}}\frac{\unicode[STIX]{x1D707}(q)}{q}\log \biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FC}\log x}{\log (x/b)}\biggr)+O\biggl(\frac{\log \log x}{\log x}\biggr)\end{eqnarray}$$
compte tenu de la condition
$x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<(\log x)^{9}$
. On a ensuite pour
$\mathscr{S}_{2}(bd)$
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathscr{S}_{2}(bd) & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ q\mid bd \\ x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<q\leqslant (\log x)^{9}}}\frac{\unicode[STIX]{x1D707}(q)}{q}\biggl\{\int _{1}^{b/q}\,\frac{dt}{t\log (x/tq)}+O\biggl(\frac{1}{\log x}\biggr)\biggr\}\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ q\mid bd \\ x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<q\leqslant (\log x)^{9}}}\frac{\unicode[STIX]{x1D707}(q)}{q}\biggl\{\log \biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FC}\log (x/q)}{\log (x/b)}\biggr)+\log \biggl(\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\biggr)+O\biggl(\frac{1}{\log x}\biggr)\biggr\}\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ q\mid bd \\ x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<q\leqslant (\log x)^{9}}}\frac{\unicode[STIX]{x1D707}(q)}{q}\biggl\{\log \biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FC}\log x}{\log (x/b)}\biggr)+O\biggl(\frac{\log \log x}{\log x}\biggr)\biggr\}\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ q\mid bd \\ x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<q\leqslant (\log x)^{9}}}\frac{\unicode[STIX]{x1D707}(q)}{q}\log \biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FC}\log x}{\log (x/b)}\biggr)+O\biggl(\frac{(\log \log x)^{2}}{\log x}\biggr).\end{eqnarray}$$
En reportant (9.6) et (9.7) dans (9.5), on obtient pour
$\unicode[STIX]{x1D6FC}>1-(9\log \log x)/\log \,x$
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathscr{S}(bd) & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ q\mid bd \\ q\leqslant (\log x)^{9}}}\frac{\unicode[STIX]{x1D707}(q)}{q}\log \biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FC}\log x}{\log (x/b)}\biggr)+O\biggl(\frac{(\log \log x)^{2}}{\log x}+\frac{\unicode[STIX]{x1D70F}(bd)}{(\log x)^{9}}\biggr)\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{q\mid bd}\frac{\unicode[STIX]{x1D707}(q)}{q}\log \biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FC}\log x}{\log (x/b)}\biggr)+O\biggl(\frac{(\log \log x)^{2}}{\log x}+\frac{\unicode[STIX]{x1D70F}(bd)}{(\log x)^{9}}\biggr)\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \frac{\unicode[STIX]{x1D711}(bd)}{bd}\log \biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FC}\log x}{\log (x/b)}\biggr)+O\biggl(\frac{(\log \log x)^{2}}{\log x}+\frac{\unicode[STIX]{x1D70F}(bd)}{(\log x)^{9}}\biggr).\end{eqnarray}$$
De façon similaire, on a la même estimation pour
$\unicode[STIX]{x1D6FC}\leqslant 1-(9\log \log x)/\log \,x$
.
Ainsi, la formule (9.4) est estimée par
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<a<b \\ (a,bd)=1}}~\frac{\text{li}(x/a)}{\unicode[STIX]{x1D711}(bd)} & = & \displaystyle \{1+o(1)\}\frac{x}{\unicode[STIX]{x1D711}(bd)}\mathscr{S}(bd)\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \frac{x}{bd}\biggl\{\log \biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FC}\log x}{\log (x/b)}\biggr)+o(1)\biggr\}+O\biggl(\frac{x\unicode[STIX]{x1D70F}(bd)}{\unicode[STIX]{x1D711}(bd)(\log x)^{9}}\biggr).\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle\end{eqnarray}$$
Compte tenu de (9.3) et (9.9), on en déduit que
avec
$$\begin{eqnarray}\displaystyle w(d) & = & \displaystyle 1,\qquad X=\frac{x}{b}\,\biggl\{\log \biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FC}\log x}{\log (x/b)}\biggr)+o(1)\biggr\},\nonumber\\ \displaystyle r(\mathscr{A}(b),d) & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<a<b \\ (a,bd)=1}}E(x/a;-\overline{a},bd)+O\biggl(\frac{x\unicode[STIX]{x1D70F}(bd)}{\unicode[STIX]{x1D711}(bd)(\log x)^{9}}\biggr).\nonumber\end{eqnarray}$$
On peut donc appliquer le Lemme 2.1 avec
$D=z^{2}=x^{4/7-\unicode[STIX]{x1D700}}/b$
et obtenir
où
$L:=\exp (8/\unicode[STIX]{x1D700}^{3})$
et on a utilisé la formule de Mertens
Compte tenu de l’évaluation
on obtient
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathscr{S}_{B} & {\leqslant} & \displaystyle \mathop{\sum }_{x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<b\leqslant x^{c}}(S(\mathscr{A}(b);{\mathcal{P}},z)+z)\nonumber\\ \displaystyle & {\leqslant} & \displaystyle \{1+o(1)\}\mathscr{S}_{B1}+\mathscr{S}_{B2}+\mathscr{S}_{B3}+O(x(\log x)^{-1}),\end{eqnarray}$$
où
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathscr{S}_{B1} & := & \displaystyle \mathop{\sum }_{x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<b\leqslant x^{c}}\frac{2x}{b\log (x^{4/7-\unicode[STIX]{x1D700}}/b)}\log \biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FC}\log x}{\log (x/b)}\biggr),\nonumber\\ \displaystyle \mathscr{S}_{B2} & := & \displaystyle \mathop{\sum }_{\ell <L}\,\mathop{\sum }_{x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<b\leqslant x^{c}}\,\mathop{\sum }_{\substack{ d<D \\ d\mid P(z)}}\unicode[STIX]{x1D706}_{\ell }^{+}(d)\mathop{\sum }_{\substack{ x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<a<b \\ (a,bd)=1}}E(x/a;-\overline{a},bd),\nonumber\\ \displaystyle \mathscr{S}_{B3} & := & \displaystyle \mathop{\sum }_{\ell <L}\,\mathop{\sum }_{x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<b\leqslant x^{c}}\,\mathop{\sum }_{\substack{ d<D \\ d\mid P(z)}}\unicode[STIX]{x1D706}_{\ell }^{+}(d)\cdot O\biggl(\frac{x\unicode[STIX]{x1D70F}(bd)}{\unicode[STIX]{x1D711}(bd)(\log x)^{9}}\biggr).\nonumber\end{eqnarray}$$
Pour évaluer
$\mathscr{S}_{B3}$
, on utilise l’estimation standard
$\sum _{m\leqslant x}\unicode[STIX]{x1D70F}(m)^{2}/\unicode[STIX]{x1D711}(m)\ll (\log x)^{4}$
et on obtient
qui est admissible.
Nous allons majorer
$\mathscr{S}_{B2}$
à l’aide de la Proposition 3.2. Pour cela, écrivons d’abord,
$$\begin{eqnarray}\mathscr{S}_{B2}=\mathop{\sum }_{\ell <L}\mathop{\sum }_{{\mathcal{B}}}\mathop{\sum }_{{\mathcal{B}}/2<b\leqslant {\mathcal{B}}}\mathop{\sum }_{\substack{ d<D \\ d\mid P(z)}}\unicode[STIX]{x1D706}_{\ell }^{+}(d)\,\biggl\{\mathop{\sum }_{\substack{ x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<a<b \\ (a,bd)=1}}\biggl(\unicode[STIX]{x1D70B}(x;a,-1,bd)-\frac{\text{li}(x/a)}{\unicode[STIX]{x1D711}(bd)}\biggr)\biggr\}.\end{eqnarray}$$
De plus, on impose une condition sur
$c$
telle que
Désignons la fonction
$\unicode[STIX]{x1D706}_{\ell }$
par
où
Pour utiliser la Proposition 3.2, il faut démontrer que
$\unicode[STIX]{x1D706}_{\ell }(q)$
est bien factorisable de niveau
$Q={\mathcal{B}}D.$
Pour toute décomposition
$x^{4/7-\unicode[STIX]{x1D700}}={\mathcal{B}}D=Q_{1}Q_{2}$
,
$Q_{1},Q_{2}\geqslant 1$
, compte tenu de
${\mathcal{B}}\leqslant D,$
il existe un
$i\in \{1,2\}$
tel que
$Q_{i}\leqslant x^{2/7-\unicode[STIX]{x1D700}}\leqslant D$
. Sans perte de la généralité, on peut supposer que
$Q_{1}\leqslant D$
. Puisque
$\unicode[STIX]{x1D706}_{\ell }^{+}$
est une fonction bien factorisable de niveau
$D$
, il existe deux fonctions arithmétiques
$\unicode[STIX]{x1D706}_{1}^{+}$
de niveau
$Q_{1}$
et
$\unicode[STIX]{x1D706}_{2}^{+}$
de niveau
$D/Q_{1}$
telles que
Ainsi, on peut trouver deux fonctions arithmétiques
$\unicode[STIX]{x1D706}_{1}^{+}$
de niveau
$Q_{1}$
et
$\unicode[STIX]{x1D706}_{2}^{+}\ast \unicode[STIX]{x1D7D9}_{]\!{\mathcal{B}}/2,{\mathcal{B}}\! ]}$
de niveau
$Q_{2}=(D/Q_{1})\cdot {\mathcal{B}}$
telles que
Cela montre que
$\unicode[STIX]{x1D706}$
est une fonction bien factorisable de niveau
${\mathcal{B}}D=x^{4/7-\unicode[STIX]{x1D700}}$
. En appliquant la Proposition 3.2 avec
$\unicode[STIX]{x1D706}(q)$
définie par (9.12) et
$(L_{1},L_{2},a,\ell )=(x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}},b,-1,a)$
, on obtient
$$\begin{eqnarray}\mathop{\sum }_{{\mathcal{B}}/2<b\leqslant {\mathcal{B}}}\,\mathop{\sum }_{\substack{ d<D \\ d\mid P(z)}}\unicode[STIX]{x1D706}_{\ell }^{+}(d)\,\biggl\{\mathop{\sum }_{\substack{ x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}<a<b \\ (a,bd)=1}}\biggl(\unicode[STIX]{x1D70B}(x;a,-1,bd)-\frac{\text{li}(x/a)}{\unicode[STIX]{x1D711}(q)}\biggr)\biggr\}\ll \frac{x}{(\log x)^{2}}.\end{eqnarray}$$
D’où
Pour
$\mathscr{S}_{B1}$
, en utilisant une intégration par parties on a
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathscr{S}_{B1} & = & \displaystyle 2x\{1+o(1)\}\int _{x^{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}}^{x^{c}}\log \biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FC}\log x}{\log (x/t)}\biggr)\frac{dt}{t\log (x^{4/7-\unicode[STIX]{x1D700}}/t)}\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle x\biggl\{2\int _{1-\unicode[STIX]{x1D6FC}}^{c}\log \biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FC}}{1-t}\biggr)\frac{dt}{4/7-t}+o_{c,\unicode[STIX]{x1D700},\unicode[STIX]{x1D6FC}}(1)\biggr\}.\end{eqnarray}$$
En reportant (9.13) et (9.14) dans (9.10), on arrive à l’inégalité
avec
De manière similaire, en utilisant le Lemme 3.3 à la place de la Proposition 3.2, on peut montrer
avec
9.4 Estimation de la somme
$\mathscr{S}_{C}$
En vue de traiter
$\mathscr{S}_{C}$
, on a tout d’abord pour
$B$
assez grand
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathscr{S}_{C}:=\mathop{\sum }_{\substack{ n\leqslant x \\ P_{y}^{+}(n)<P_{y}^{+}(n+1)\leqslant x^{1-c}}}1 & {\geqslant} & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x;y,x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}}) \\ (n+1,P(x^{1-c},x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}}))>1}}1\nonumber\\ \displaystyle & {\geqslant} & \displaystyle \mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x;x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}},x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}}) \\ (n+1,P(x^{1/2}/(\log x)^{B},x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}}))>1}}1\nonumber\end{eqnarray}$$
où
$\frac{1}{2}\leqslant 1-c<\unicode[STIX]{x1D6FC}\leqslant 1$
,
$\unicode[STIX]{x1D6FF}$
est un paramètre satisfaisant
$c\leqslant \unicode[STIX]{x1D6FF}\leqslant \frac{1}{2}$
. On rappelle la définition de
$\unicode[STIX]{x1D714}(n+1;y,y_{1})$
dans (4.2) et obtient
d’où
$$\begin{eqnarray}\unicode[STIX]{x1D6FF}\unicode[STIX]{x1D714}(n+1;x^{1/2}/(\log x)^{B},x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}})\left\{\begin{array}{@{}ll@{}}{\leqslant}1\quad & \displaystyle \text{si}~\biggl(n+1,\mathop{\prod }_{x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}}<p\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B}}p\biggr)>1,\\ =0\quad & \text{sinon}.\end{array}\right.\end{eqnarray}$$
On a donc
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathscr{S}_{C} & {\geqslant} & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FF}\mathop{\sum }_{n\in S(x;x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}},x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}})}\unicode[STIX]{x1D714}(n+1;x^{1/2}/(\log x)^{B},x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}})\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FF}\mathop{\sum }_{n\in S(x;x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}},x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}})}\mathop{\sum }_{\substack{ p\mid n+1 \\ x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}}<p\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B}}}1\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FF}\mathop{\sum }_{x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}}<p\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B}}\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x;x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}},x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}}) \\ n\equiv -1(\text{mod}~p)}}1\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FF}(\mathscr{S}_{C1}+\mathscr{S}_{C2}),\end{eqnarray}$$
avec
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathscr{S}_{C1} & := & \displaystyle \mathop{\sum }_{x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}}<p\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B}}\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D711}(p)}\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x;x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}},x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}}) \\ (n,p)=1}}1,\nonumber\\ \displaystyle \mathscr{S}_{C2} & := & \displaystyle \mathop{\sum }_{x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}}<p\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B}}\biggl(\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x;x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}},x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}}) \\ n\equiv -1\,(\text{mod}~p)}}1-\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D711}(p)}\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x;x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}},x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}}) \\ (n,p)=1}}1\biggr).\nonumber\end{eqnarray}$$
Pour évaluer
$\mathscr{S}_{C2}$
, on déduit de la Proposition 3.1 que
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathscr{S}_{C2} & \ll & \displaystyle \mathop{\sum }_{q\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B}}\biggl|\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x;x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}},x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}}) \\ n\equiv -1\,(\text{mod}~q)}}1-\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D711}(q)}\mathop{\sum }_{\substack{ n\in S(x;x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}},x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}}) \\ (n,q)=1}}1\biggr|\nonumber\\ \displaystyle & \ll & \displaystyle x(\log x)^{-A}\end{eqnarray}$$
pour tout
$A>0$
.
Il reste à évaluer
$\mathscr{S}_{C1}$
. On utilise le Lemme 2.2 sur les entiers sans facteur premier dans un intervalle donné.
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathscr{S}_{C1} & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}}<p\leqslant x^{1/2}/(\log x)^{B}}\frac{1}{p-1}\cdot \unicode[STIX]{x1D6F9}_{0}(x;x^{\unicode[STIX]{x1D6FC}},x^{\unicode[STIX]{x1D6FF}})\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle x\unicode[STIX]{x1D717}_{0}\biggl(\frac{\unicode[STIX]{x1D6FF}}{\unicode[STIX]{x1D6FC}},\frac{1}{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\biggr)\log \frac{1}{2\unicode[STIX]{x1D6FF}}+o(x).\end{eqnarray}$$
D’après (9.18), (9.19) et (9.20), on a ainsi pour
$c\leqslant \unicode[STIX]{x1D6FF}\leqslant 1/2$
En reportant (9.2), (9.15), (9.16) et (9.21) dans (9.1), on obtient finalement pour
$\frac{1}{2}<\unicode[STIX]{x1D6FC}\leqslant 1$
où
$g(\unicode[STIX]{x1D6FC};c,\unicode[STIX]{x1D6FF})$
est définie par
et
Il est clair que
$g(\unicode[STIX]{x1D6FC};c,\unicode[STIX]{x1D6FF})>0$
pour
$1/2<\unicode[STIX]{x1D6FC}\leqslant 1$
. On peut vérifier de la même manière que lors de la preuve du Théorème 3, qu’il existe des
$c_{0}$
,
$\unicode[STIX]{x1D6FF}_{0}$
satisfaisant les conditions ci-dessus telles que pour
$\frac{1}{2}<\unicode[STIX]{x1D6FC}\leqslant 1$
ce qui achève la démonstration du Théorème 2 avec
$1/2<\unicode[STIX]{x1D6FC}\leqslant 1$
.
On a pu prendre ici le niveau
$\unicode[STIX]{x1D708}(c)=4/7$
avec
$c\leqslant 2/7-\unicode[STIX]{x1D700}$
dans la somme
$\mathscr{S}_{B}$
de (9.1) et on peut donner une minoration de
$\mathscr{S}_{C}$
, tandis que dans [Reference Wang25] le niveau était
$1/2$
et le terme
$\mathscr{S}_{C}$
minoré par 0. C’est pourquoi on peut améliorer le résultat de [Reference Wang25] et obtenir le Corollaire 1 suivant. Ces deux changements sont à l’origine de l’amélioration du résultat de [Reference Wang25], donnée dans le Corollaire 1.
10 Démonstration du Corollaire 1
En prenant
$\unicode[STIX]{x1D6FC}=1$
(c’est-à-dire,
$y=x$
) dans le Théorème 2 et en remarquant que
$\unicode[STIX]{x1D714}(u)=0$
pour
$0\leqslant u\leqslant 1$
, on obtient
où
$$\begin{eqnarray}\displaystyle h(c) & := & \displaystyle \log \biggl(\frac{1}{1-c}\biggr)-2\int _{0}^{c}\log \biggl(\frac{1}{1-t}\biggr)\frac{dt}{4/7-t}\quad \biggl(0<c\leqslant \frac{2}{7}-\unicode[STIX]{x1D700}\biggr),\nonumber\\ \displaystyle f(\unicode[STIX]{x1D6FF}) & := & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D70C}(\unicode[STIX]{x1D6FF}^{-1})\unicode[STIX]{x1D6FF}\log (2\unicode[STIX]{x1D6FF})^{-1}\quad (c\leqslant \unicode[STIX]{x1D6FF}\leqslant {\textstyle \frac{1}{2}}).\nonumber\end{eqnarray}$$
Pour
$h(c)$
, on fait un calcul similaire à [Reference Wang25]. On a par Mathematica 9.0
avec
$c\approx \text{0,2056}$
.
Graphe de
$\unicode[STIX]{x1D6FF}\rightarrow f(\unicode[STIX]{x1D6FF})$
sur
$[1/3,1/2]$
.

Ainsi, il reste à trouver
$\unicode[STIX]{x1D6FF}_{0}\in [\!\text{0,2056},\,\text{0,5}\! [$
tel que
$f(\unicode[STIX]{x1D6FF}_{0})$
soit proche de la valeur maximale de
$f(\unicode[STIX]{x1D6FF})$
. Au premier abord, on peut calculer facilement que
$\unicode[STIX]{x1D6FF}_{0}$
est ainsi dans l’intervalle
$(1/3,1/2)$
et on a
Le graphe de
$f(\unicode[STIX]{x1D6FF})$
sur
$[1/3,1/2]$
est illustré à la Figure 1.
À l’aide de Mathematica 9.0 on peut calculer que
avec
$\unicode[STIX]{x1D6FF}_{0}\approx \text{0,414}$
.
Compte tenu de (10.1), (10.2) et (10.3) on obtient finalement pour
$x\rightarrow \infty$
Cela achève la démonstration du Corollaire 1.
11 Démonstration du Corollaire 2
En remarquant que
le Théorème 1 nous permet de déduire que

On peut obtenir une meilleur majoration en utilisant le Théorème 3. Pour
$j\geqslant 1$
, on note
$C_{j}$
l’ensemble des creux d’ordre
$j$
:
et pour
$C_{0}$
, on prend
$C_{0}=(C_{1})^{c}$
, le complémentaire de
$C_{1}$
. Alors on a pour tout entier
$J\geqslant 1$
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \mathop{\sum }_{n\leqslant x}\unicode[STIX]{x1D6FF}(n)^{-1} & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{n\in C_{0}}\unicode[STIX]{x1D6FF}(n)^{-1}+\mathop{\sum }_{n\in C_{1}}\unicode[STIX]{x1D6FF}(n)^{-1}\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{n\in C_{0}}\unicode[STIX]{x1D6FF}(n)^{-1}+\mathop{\sum }_{n\in C_{1}\backslash C_{2}}\unicode[STIX]{x1D6FF}(n)^{-1}+\mathop{\sum }_{n\in C_{2}}\unicode[STIX]{x1D6FF}(n)^{-1}\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \mathop{\sum }_{n\in C_{0}}\unicode[STIX]{x1D6FF}(n)^{-1}+\mathop{\sum }_{j=2}^{J}~\mathop{\sum }_{n\in C_{j-1}\backslash C_{j}}\unicode[STIX]{x1D6FF}(n)^{-1}+\mathop{\sum }_{n\in C_{J}}\unicode[STIX]{x1D6FF}(n)^{-1}\nonumber\\ \displaystyle & {\leqslant} & \displaystyle \mathop{\sum }_{n\not \in C_{1}}1+\mathop{\sum }_{j=2}^{J}\,\frac{1}{j}(|C_{j-1}|-|C_{j}|)+\frac{C_{J}}{J+1}\nonumber\\ \displaystyle & {\leqslant} & \displaystyle x-\mathop{\sum }_{j=1}^{J}|C_{j}|\biggl(\frac{1}{j}-\frac{1}{j+1}\biggr).\nonumber\end{eqnarray}$$
Puis, on applique la minoration de
$|C_{j}|$
,
$j\geqslant 2$
du Théorème 3 et la minoration de
$|C_{1}|$
du Théorème 1, on obtient
où
$C_{3}(j)$
est une constante strictement positive définie par (1.15). On peut donc obtenir une meilleure majoration pour
$\unicode[STIX]{x1D6FF}(n)$
. Mais le gain est minime, on ne calcule pas ici la valeur numérique.
La démonstration du Corollaire
$2^{\ast }$
est analogue. De plus, en utilisant le Théorème 4, on peut aussi obtenir un meilleur résultat pour
$\unicode[STIX]{x1D6FF}_{\ast }(n)$
comme (11.1) ci-dessus. On omet ici les détails.
12 Démonstration du Corollaire 3
On note pour
$x\rightarrow \infty$
$$\begin{eqnarray}\displaystyle a_{1}(x) & := & \displaystyle |\{n\leqslant x:P^{+}(n-1)>P^{+}(n)<P^{+}(n+1)\}|,\nonumber\\ \displaystyle a_{2}(x) & := & \displaystyle |\{n\leqslant x:P^{+}(n-1)<P^{+}(n)>P^{+}(n+1)\}|,\nonumber\\ \displaystyle a_{3}(x) & := & \displaystyle |\{n\leqslant x:P^{+}(n-1)<P^{+}(n)<P^{+}(n+1)\}|,\nonumber\\ \displaystyle a_{4}(x) & := & \displaystyle |\{n\leqslant x:P^{+}(n-1)>P^{+}(n)>P^{+}(n+1)\}|,\nonumber\end{eqnarray}$$
où
$0\leqslant a_{1}(x)$
,
$a_{2}(x)$
,
$a_{3}(x)$
,
$a_{4}(x)\leqslant [x]$
,
$a_{1}(x)+a_{2}(x)+a_{3}(x)+a_{4}(x)=[x]$
.
On a tout d’abord, d’après (1.13) du Corollaire 1
La minoration de
$a_{2}(x)$
dans (1.7) du Théorème 1 permet d’obtenir
Ce qui termine la démonstration du Corollaire 3.
Remerciements
Ce travail a été réalisé sous la direction de mes directeurs de thèse Cécile Dartyge et Jie Wu. Je les remercie vivement pour les nombreuses suggestions cruciales qu’ils ont proposées dans l’élaboration de ce travail. De plus, je souhaite adresser mon extrême gratitude au rapporteur anonyme pour sa relecture attentive et pour ses remarques qui ont permis d’améliorer ce manuscrit.




















