Bien que Marcel Conche jouisse d’une certaine notoriété pour ses travaux exégétiques, on ignore trop souvent sa pensée propre, en particulier sa métaphysique de la Nature. Pourtant celle-ci est d’un grand intérêt en ce qu’elle propose une issue à l’antinomie classique du matérialisme et de l’idéalisme. Ni matière inerte obéissant à des lois impersonnelles, ni organe d’un esprit transcendant ou transcendantal, la Nature se présente chez Conche comme « Poème vivant », c’est-à-dire comme spontanéité créatrice. L’objectif du présent article est de mieux définir le sens de cette voie tierce et d’en situer l’originalité au regard de ses précurseurs historiques.